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Le monstre de Florence - une histoire vraie

Douglas Preston et Mario Spezi

Douglas Preston et Mario Spezi

Nul besoin de présenter Douglas Preston. Tous les fans de l’inspecteur Pendergast crient son génie, allié bien sûr à celui de Lincold Child, écrivant en duo depuis de très nombreuses années.

 

Au début des années 2000, Douglas Preston s’installe avec sa famille à Florence. Son but premier était de s’inspirer de l’endroit et de l’ambiance toute particulière de cette ville juste magnifique pour écrire son nouveau roman policier en solo.

 

L’un de ses amis lui suggère de se mettre en rapport avec Mario Spezi, journaliste indépendant réputé dans le pays, spécialisé dans les affaires criminelles.

 

Au cours de l’une de leurs discussions, Mario Spezi apprend à Douglas Preston qu’il vit juste à côté de l’un des lieux d'un crime qui fut attribué au Monstre de Florence. Il n’en fallait pas plus pour éveiller la curiosité de l’auteur américain, auquel Mario Spezi raconta toute l’histoire.

 

Cette histoire est vraie. Elle a d’ailleurs largement inspiré le personnage célèbre de Thomas Harris, Hannibal. Nombre des intervenants de ce livre ont également inspiré Harris.

 

Ce roman raconte l’histoire du Monstre de Florence et présente le point de vue des deux auteurs, en commençant tout naturellement par le journaliste italien.

 

Sur une période couvrant plusieurs décennies, un « homme » a tué et mutilé 6 couples, dans les lieux très similaires, à savoir des lieux isolés de rencontre pour des couples en quête d’intimité. Le modus operandi est toujours le même. L’homme est abattu en premier, d’une ou plusieurs balles. La femme sera tuée ensuite, le plus souvent par arme à feu, dès fois par couteau.

 

Son corps sera traîné hors de la voiture et subira des mutilations post mortem.

 

Des dizaines de personne seront soupçonnées, des vies seront brisées et des familles détruites. Des hommes seront incarcérés et condamnés mais, à ce jour, malgré de nombreuses enquêtes, le coupable ne sera jamais démasqué, ni arrêté.

 

Mario Spezi a enquêté sur cette affaire dès la découverte des premiers corps et passera des dizaines d’années à tenter de confronter le tueur. En agissant, il mettra sa vie en danger et sera même incarcéré pour avoir défendu ses idées.

 

Douglas Preston, en faisant la connaissance de Spezi en 2000 et en l’entendant parler de l’affaire, aura l’idée de l’écriture conjointe d’un roman sur cette histoire. Je ne pense pas qu’il imaginait la portée future de son idée littéraire.

 

A eux deux, ils vont reprendre l’enquête de zéro et chercher à prouver que l’homme, désigné coupable lors du précédent procès, n’était pas responsable. Cela va les emmener loin et entrainer une cabale à leur encontre orchestrée par les hauts pouvoirs judiciaires du pays.

 

Ce roman est incroyable à lire. L’enquête est décortiquée depuis le début. Les erreurs commises sont mises en avant et on se rend compte à quel point tout fut faussé dès le début.  J’en suis arrivée à me demander si, un jour, la vérité éclaterait.

 

Dans 10 ou 20, une personne tombera sur quelque chose qui relancera l’enquête et nous apprendrons enfin la vérité. Je le souhaite en tout cas car, au final, il ne faut pas oublier l’essentiel : 6 couples sont morts.

 

En résumé, ce roman est passionnant dans le sens où nous sommes parties prenantes à l’enquête mais la fin est triste car elle nous laisse sur notre faim. Il va même au-delà de l'histoire du monstre en lui-même. Il s'agit aussi, en grande partie, d'une critique de la tenue de la justice italienne dans cette histoire.

 

Selon les auteurs, le fait que le tueur n'ait jamais été arrêté est en partie dû à l'attitude du Procureur et de la police dans le traitement de cette enquête. Ces propos vaudront à Douglas Preston de nombreuses difficultés avec l'état italien.

 

Au final, qui est le monstre de Florence ?

 

A ce jour, nul ne le sait. En faisant des recherches, j’ai découvert que Mario Spezi était malheureusement décédé tout récemment, au mois de septembre 2016. Nul doute qu’il aura été hanté par cette histoire jusqu’à la fin de sa vie.

 

Marjorie