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Cet été là

Lee Martin

Lee Martin

L'histoire:

 

5 juillet, dans une petite ville américaine. Katie, 9 ans, va rendre des livres à la bibliothèque en début de soirée. Elle ne reviendra jamais. Que s'est-il passé? A-t-elle fait une mauvaise rencontre?

 

30 ans plus tard, certains des protagonistes de l'histoire racontent ce qui s'est passé.

 

C'est ainsi que l'on va retrouver Gilley, le frère de Katie, la femme du suspect n°1 ou encore, un prof de math, vieux garçon au penchant pas très net.

 

 

Mon avis:

 

Avant toute chose, je remercie chaleureusement Babelio, l'opération Masse Critique Privilégiée et les éditions Sonatine pour m'avoir donné la chance de découvrir juste à sa sortie ce livre de Lee Martin.

 

Ce thriller psychologique est une merveille et l'idée de faire raconter une partie de l'histoire  par la bouche même de certains protagonistes est tout simplement judicieuse.

 

Cela donne un caractère authentique à l'histoire, qui est ainsi vue sous plusieurs angles et sur deux périodes: au moment des faits et 30 ans plus tard, ce qui permet à certains témoins de voir les choses sous un autre angle.

 

Je pense, par exemple, à Gilley, le frère de Katie qui, maintenant qu'il est père, peut mieux comprendre ses propres parents et leurs réactions au moment des faits.

 

J'ai d'ailleurs été très émue par ce personnage, ce jeune homme qui se sent un peu différent et qui verra sa vie basculer, comme celle de sa famille.

 

L'histoire débute par un beau jour de juillet, dans une petite ville typique des Etats-Unis, dans les années 70. Une famille aisée, admirée par toute la ville, dans laquelle grandit avec insouciance Katie, 9 ans.

 

Pour "se venger" d'une bêtise, Gilley vend sa soeur qui a oublié de rendre des livres. Furieuse, elle décide de partir aussitôt les rendre.

 

Elle ne reviendra jamais.

 

Son frère et son père partent à sa recherche mais ils ne retrouveront que son vélo, sur un trottoir, la chaine déraillée.

 

Où est-elle? Alors que tout le monde se connait, comment cette petite fille a pu disparaitre ainsi, sans que personne ne voit rien?

 

Lee Martin nous livre un thriller époustouflant, qui nous tient en haleine jusqu'à son dénouement, une analyse sans fard de vies banales et nullement parfaites de personnes ordinaires, qui se retrouvent embarquées dans une histoire qu'ils ne contrôlent pas.

 

Que ce soit Monsieur Dees, qui lutte chaque jour pour son "amour" contre nature éprouvé pour ses petits élèves, lui qui imagine en eux l'enfant qu'il n'a jamais eu. Ou encore Ray, qui noie dans ses penchants destructeurs cette vie rêvée qu'il n'aura jamais.

 

Je pense aussi à Gilley, ce jeune homme devenu adulte trop tôt, qui doit se construire avec le fantôme de sa soeur et vivre avec cette culpabilité qui le ronge.

 

Ces personnages, qui épanchent leur conscience 30 ans plus tard, sont attachants et parlent sans faux semblant.

 

L'histoire est addictive mais sombre. Les propos peuvent mettre mal à l'aise parfois. On ressent toute une palette d'émotions pendant la lecture mais c'est aussi ce qui rend ce livre si vrai, si authentique.

 

Lee Martin a réussi l'écriture d'un thriller américain digne des plus grands, digne d'un grand Mystic River, contemporain de l'immense et talentueux Dennis Lehane.

 

Je vous conseille vivement cette lecture qui va apporter, j'en suis persuadée, beaucoup de succès à l'auteur, succès qui est plus que mérité.

 

Très bonne lecture dans les arcanes de l'âme humaine.

 

Marjorie

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La fenêtre de Dieu

Cédric Blondelot

Cédric Blondelot

L'histoire:

 

Une femme qui décède aux Etats-Unis, un bébé abandonné à Paris, une vache qui meurt et se transforme en Perfecto.

 

Tolbiac Juillet grandit dans l'insouciance, auprès de parents adoptifs qui lui offrent la vie de rêve qu'il mérite.

 

Mais voilà, les toilettes peuvent être traitres et le voilà aspiré par une cuvette traitresse, l'envoyant bourlinguer dans une autre vie, une autre époque.

 

Qui aurait pu penser que des WC avaient des pouvoirs magiques???

 

Mon avis:

 

Tolbiac Juillet, alias Cédric Blondelot, a croisé mon chemin il y a quelques mois, m'invitant à découvrir son univers. Après moultes recherches, je vis que ce monsieur avait son petit fan club bien à lui, tous tombés sous son charme.

 

Alors, pourquoi pas moi?

 

Après lecture de la Fenêtre de Dieu, je confirme bien volontiers mon adhésion au groupe.

 

J'avoue avoir écarquillé grand les yeux dès les premiers chapitres. Entre les pensées d'une vache et ses réflexions psychologiques (très justes d'ailleurs), l'histoire de Tolbiac et son incapacité à une constance totale, je suis tombée sous le charme de l'ambiance du livre.

 

Tolbiac Juillet a été abandonné près d'un kiosque à journaux dans le 13ème arrondissement un jour de juillet... d'où son patronyme.

 

Il ne maitrise pas trop sa vie et se retrouve un jour aspiré par le trou des chiottes, un peu comme les poissons dans le Monde de Némo (ça c'est de la comparaison quand même...), pour atterir dans le sud de la France, en décembre, sous les traits de Zéphyr Derien.

 

Il est le seul à savoir qui il est mais là, bien sur, ça complique un peu les choses.

 

Je suis bluffée je dois le dire. C'est une véritable réussite. La fin me laisse sur ma faim.... Tolbiac Juillet, revenez vite, on s'ennuie sans vous....

 

On sent le travail de recherche effectué pour crédibiliser l'histoire. La plume est légère et très agréable à lire. Le style est soutenu et sans lourdeur.

 

Cédric BLONDELOT mérite les éloges reçues des lecteurs et j'espère poser ma modeste pierre à son édifice.

 

J'ai beaucoup d'admiration pour les auteurs qui se battent chaque jour pour se faire connaitre et exister dans notre univers littéraire actuel.

 

Alors je concluerai ma chronique avec ceci:

 

si vous avez envie de plonger dans un monde décalé mais tordant, si vous avez envie de nouveauté et n'avez pas peur de finir accro, lisez La fenêtre de Dieu.

 

PS: en plus l'auteur est vachement sympa, ce qui ne gâche en rien ce plaisir.

 

PPS: j'ai plané à Saint Malo, pour la malouine que je suis, ma ville adorée me manque. Merci merci d'y avoir basé une partie de votre histoire

 

Bonne lecture les accros

 

Marjorie

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ABC contre Poirot

Agatha Christie

Agatha Christie

L’histoire :

 

De retour en Angleterre, le capitaine Hastings retrouve Hercule Poirot, qui a pris sa retraite et coule des jours paisibles. Jusqu’au jour où il reçoit une lettre signée ABC et qui lui annonce qu’un meurtre sera commis. On le prévient même du jour et du lieu.

 

Qui peut bien tenter ainsi d’obliger notre célèbre belge à une course contre la montre pour trouver ce mystérieux tueur.

 

Mais cette lettre n’est pas la première et il faudra toute l’intelligence de Poirot et de ses fidèles amis, Hastings et Japp, pour trouver la solution.

 

Mon avis :

 

Rien de mieux qu’un Agatha Christie pour me remonter le moral. Après ma lecture de 1929 jours, je n’ai pas réussi à reprendre mes lectures en cours, ni en commencer une autre. Impossible, gros blocage dû à cette dernière lecture.

 

Alors, un petit Hercule Poirot me remettant en route, je me lance dans ABC contre Poirot.

 

L’histoire débute avec les retrouvailles entre Poirot et Hastings qui se remémorent leurs souvenirs communs liés aux enquêtes menées avec succès. C’est ainsi qu’une lettre arrive par la poste, signée d’un certain ABC, qui va mettre au défi notre belge de l’arrêter avant de commettre un meurtre, en une date et un lieu donnés à l’avance.

 

Qui peut être cet ABC et pourquoi lancer un tel défi macabre à Poirot ?

 

Dès la première page, je suis emportée dans l’histoire très bien pensée par Agatha Christie et j’ai retrouvé avec plaisir ce fantastique duo. Je les adore et je suis toujours autant fascinée par la façon dont l’intrigue est imaginée et mise en place.

 

Après le premier meurtre commis, d’autres seront annoncés mais pourquoi ? Et quel lien peut-il y avoir entre eux ?

 

Hercule Poirot va mettre en marche ses petites cellules grises, analyser toutes les situations, interroger les témoins et réussir à emboiter toutes les pièces pour trouver la solution, assez tordue d’ailleurs.

 

Agatha Christie a une imagination débordante qui confirme, à chaque roman, son statut de reine du polar anglais.

 

Une petite madeleine littéraire pour un roman policier bien ficelé.

 

Très bonne lecture à vous

 

Marjorie

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Chanson douce

Leïla Slimani

Leïla Slimani

L'histoire:

 

Lorsque Myriam, jeune mère de famille, décide de retourner travailler, il lui faut trouver un système de garde pour ses deux jeunes enfants. Elle se met donc en quête d'une nounou avec l'aide de son mari Paul. Leuur chemin va croiser celui de Louise, qui semble être la candidate parfaite.

 

Va alors commencer une relation de dépendance entre ces parents et leur nounou de rêve.

 

Mais à quel prix?

 

Mon avis:

 

Sur un véritable coup de tête, j'ai succombé à la vague Leïla Slimani et je me suis lancée dans son roman pébliscité par le pays. J'ai mis un peu moins de 3 heures pour lire son livre.

 

Comme tout le monde le dit, l'histoire débute par une phrase très courte et choc: le bébé est mort. En trois pages, le ton est donné pour le reste du bouquin.

 

D'ailleurs, ce livre est un véritable électrochoc.

 

Myriam, qui pensait s'épanouir dans son job de mère de au foyer, se rend compte que cela ne lui convient pas, que son travail d'avocat lui manque et qu'elle veut plus que ce qu'elle a. Comment lui en vouloir?

 

Après avoir réussi à convaincre son mari, ils se lancent dans le recrutement de la nounou parfaite et croisent ainsi le chemin de Louise, perfection incarnée qui va les séduire.

 

Je dois dire qu'après avoir lu ce livre, ma première pensée fut que je voulais pas de nounou le jour où je serai maman. Je pense que nous sommes beaucoup à avoir pensé ça, à mon avis.

 

Et pourtant, nous avons besoin des nounous. C'est une relation particulière qui se noue avec elles. Elles font partie de la famille, elles "élèvent" les enfants des autres. Nous sommes dépendants d'elles pour mener nos propres vies. Et c'est là tout le dilemne qui se ressent dans ce livre.

 

Le style, voulu volontairement court et sec, accentue le malaise qui peut être ressenti à la lecture de ce livre. Il accentue le réalisme des personnages et pousse le lecteur à s'identifier à eux.

 

Nous sommes vite emportés dans l'histoire, voulant en savoir davantage sur cette femme si énigmatique, qui va entrer dans la vie de notre couple si vite que l'on ne s'en rend compte que trop tard, une sorte de voyeurisme.

 

J'ai eu beaucoup de mal avec le personnage de Louise. Trop parfaite, trop sûr d'elle, tellement discrète qu'on ne se rend pas compte qu'elle envahit l'espace vital. Je ne parle même pas de la belle-mère, qui représente tout ce que je déteste chez une grand-mère.

 

Il est déjà difficile pour une femme de réussir à allier travail et vie de famille. Mais quand des personnes extérieures s'en mêlent, rien ne va.

 

Ce livre, sans être une grande révélation littéraire, est une très bonne lecture, dont le thème, très contemporain de notre époque, parlera à beaucoup de lecteurs. Le style est parfait pour souligner le ressenti du lecteur. La plume est sans défaut.

 

Ce livre laissera une empreinte dans notre esprit après l'avoir terminé. Peut-être est ce là le talent de Leïla Slimani....

 

Marjorie

 

 

 

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L'EVEIL

Line Papin

Line Papin

L'histoire : 

 

Je dois y retourner, c'est insupportable de le savoir ici, lui qui marche et vit non loin. Non il ne s'agit pas encore de l'éveil, du vrai, c'est mon attention seule qu'il éveille pour l'instant, et c'est en dessous, que nous allons éclore et tomber et rouler. Je suis à l'orée de l'éveil.

 

La scène est à Hanoï au Vietnam, dans des ruelles surchauffées. Cela se passe aujourd'hui, mais ce pourrait être il y a longtemps. C'est une histoire d'amour, dont les personnages sont deux garçons et deux filles, dont les voix s'entrechoquent. C'est une histoire d'amour, douloureuse et sensuelle, où les héroïnes ne font que traverser le tumulte de la ville, et se cachent dans l'ombre protectrice des chambres. C'est un premier roman d'exception. Et l'acte de naissance d'un écrivain.

 

Mon avis :

 

En commençant ce livre, j'ai pensé comme beaucoup de lecteurs à Marguerite Duras, à l'atmosphère particulière de ses livres. Peut être à cause d'Hanoï. 

 

Cette histoire d'amour est racontée à plusieurs voix, Juliet (fille du consul australien) et de l'homme (français) qu'elle aime passionnément. Cet homme dont on ne connait pas le prénom. Au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, on comprend mieux :

 

Juliet l'aime et veut le sauver mais "il" aime Laura, "il" est tellement obsédé par elle, ne peut l'oublier. Juliet au désespoir appelle au secours Raphaël, meilleur ami de cet homme, celui que le connait le mieux, et ainsi Juliet espère comprendre les mécanismes de cette histoire tragique.

 

Car "il" s'est enfoncé dans le silence, comme retiré du monde.

 

Raphaël est le témoin impuissant de cette tragédie en cours, mais il ne peut qu'assister à son dénouement. C'est L'Eveil au sentiment amoureux, à la sensualité, mais aussi à la dépendance de l'autre et à la douleur. Une fièvre de vie, mêlée de désespoir  et de douleur dans la moiteur d'Hanoï.

 

J'avoue que j'ai eu dû mal au début du livre, je me demandais où l'auteure allait, puis je me suis attachée aux personnages, c'est une écriture très moderne, poétique. A découvrir.

 

Kalou

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VERA KAPLAN

Laurent Sagalovitsch

Laurent Sagalovitsch

L'histoire :

 

A Tel Aviv, un homme apprend par courrier le suicide de sa grand-mère, Véra Kaplan, dont il ignorait l'existence. La lettre venue d'Allemagne, est accompagnée de l'ultime témoignage de la défunte, et d'un terrifiant manuscrit : son journal de guerre, celui d'une jeune juive berlinoise qui, d'abord pour sauver ses parents puis simplement pour rester en vie, en est venue à commettre l'impensable, dénoncer d'autres juifs, par centaines. Dans ce récit sans complaisance, librement inspiré du destin véritable de Stella Goldschlag, Laurent Sagalovitsch dresse le portrait d'une victime monstrueuse dévoré par une pulsion de vie inhumaine.

 

Mon avis : Ce roman embarrasse, sa lecture est difficile, mais surtout je n'ai pas voulu juger.

 

Une lettre d'un notaire arrivée d'Allemagne en 1995, à la recherche de l'héritière de Véra Kaplan et un homme se découvre une grand-mère juive allemande, ce qui n'a rien d'extraordinaire pour lui dont la mère est née à Berlin en 1945. 

 

Alors le passé refait surface avec une violence inouïe. Dans les papiers fournis par le notaire, le testament de Véra adressé à sa fille, le journal d'une jeune juive à Berlin pendant les années terribles de la nomination d'Adolf Hitler au poste de Chancelier à la défaite du IIIe Reich.

 

Cette jeune fille Véra Kaplan qui voulait survivre et seulement sauver ses proches, prise dans la tourmente devient "agent de la Gestapo" et dévoile les adresses cachées de familles juives.

 

Le journal de Vera devenue à la fois délatrice et putain au service de la Gestapo, de cette alliance avec le diable est effrayant à lire.

 

Au fur et à mesure de l'avancée de la guerre, elle doit prouver son utilité, servir la mort et ses bourreaux pour lui échapper. Berlin devient une prison pour elle. Ce récit est marqué par la violence des actes, des non-dits et de la grande lâcheté des hommes.

 

A la fin de la guerre Véra Kaplan accouche d'une petite fille en prison, la justice va la lui enlever.

 

C'est un roman sur la transmission, les dégâts que causent les grands secrets, le poids qui se transmet de générations en générations. Ce livre est très très difficile à lire, car il touche à l'impensable. Et je comprends que cette lecture puisse mettre mal à l'aise des lecteurs.

 

La préface du livre est très intéressante :

"Qu'un peuple aussi débonnaire ait pu devenir ce peuple de chiens enragés, voilà un sujet inépuisable de perplexité et de stupéfaction. On nous reprochera de comparer ces malfaiteurs à des chiens ? Je l'avoue en effet : la comparaison est injurieuse pour les chiens. Des chiens n'auraient pas inventé les fours crématoires, ni pensé à faire des piqûres de phénol dans le coeur des petits enfants...."

Vladimir Jankélévitch, l'Imprescriptible.

 

Cet paragraphe est à la fin du livre, et je trouve que ce texte est tellement vrai :

"Les destins extraordinaires sont le fait d'époques extraordinaires. Si celui de ma grand-mère l'a été, c'est qu'elle a vécu à une époque extraordinaire. Elle n'a pas agi comme elle l'entendait, mais comme l'époque réclamait qu'elle agisse. Née à une autre époque, à une tout autre époque, son existence se serait écoulée dans la banalité d'une vie normale - mais elle est née à Berlin en 1922. Dès le départ, elle n'avait aucune chance que son histoire se termine bien."

 

Kalou

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SYNGUE SABOUR

Atiq Rahimi

Atiq Rahimi

L'histoire :

Cette pierre que tu poses devant toi..devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères..à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres...Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour, elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines....Comment appelle-t-on cette pierre ?

 

Mon avis : 

 

Quelque part en Afghanistan, sur fond de guerre, le décor est réduit à une chambre sans meuble, un homme grièvement blessé silencieux, une femme qui le soigne, et dans la pièce à côté deux petites filles au début de l'histoire.

 

On ne connaît pas le prénom des protagonistes, l'atmosphère est étouffante, le tête à tête entre cette femme et son mari est angoissant.

 

Le monologue de cette femme, un constat presque clinique qui déroute, le récit de sa courte vie faite d'humiliations, de mariage imposé avec un homme plus âgé qui passe son temps à faire la guerre, ses rancoeurs, son enfermement, l'aliénation des femmes par les femmes (belle-mère), la solitude, l'absence de communication.

 

Ce monologue est très violent, très cru, sa haine pour la vie qu'on lui impose.

 

Très peu d'autres personnages traversent cette histoire, le mollah, les petites filles, les soldats qui envahissent sa maison et lui volent son coran, et le jeune soldat qui va revenir la voir.

 

Il y a de très furtifs éclairs de tendresse dans les paroles de cette femme, pour sa tante et son beau-père. La femme confie son immense douleur à une "pierre de patience" parler pour mourir enfin libre.

 

La fin de ce récit est effrayante, j'avoue que j'ai eu du mal avec cette lecture, mais il faut lire ce livre, car il est important de découvrir comment vivent ces femmes.

 

Ce livre est le prix Goncourt 2008, je l'ai découvert très tardivement à l'occasion d'un café littéraire, dont le thème était l'oeuvre de cet écrivain.

 

Kalou

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1929 jours

Nicolas Mingasson

Nicolas Mingasson

Avant de commencer ma chronique, je tiens vivement à remercier Babelio, l'opération Masse Critique ainsi que les éditions LES BELLES LETTRES pour l'envoi de ce livre, que j'ai eu énormément de plaisir à lire.

 

L'histoire:

 

Ils s'appelaient Clément, Loïc, Pierre-Olivier, Sébastien, Thibault....

Ils venaient de toute la France, étaient de tous les âges et de tous les milieux sociaux.

Ils avaient une famille: un père, une mère, des frères, des sœurs, une femme, une compagne, des enfants.

Ils avaient deux points communs: ils étaient soldats et sont "morts pour la France".

Ils étaient 90.

 

Mon avis:

 

Je dois vous prévenir, vous lecteurs qui vous arrêtez sur cette chronique, que la lecture de ce livre est difficile et émouvante. Je n'en suis pas sortie indemne, moi-même, mais je me suis accrochée.

 

Il aura fallu 2 ans à Nicolas Mingasson pour écrire ce livre, deux années de recherches, d'entretiens. Deux années compilées en milliers de notes, de mots échangés, de journées passées lourdes en émotion.

 

Il aura fallu à Nicolas Mingasson beaucoup de courage, de self contrôle et de retenue pour mener à bien sa mission. Mais qu'elle était-elle au juste?

 

Écrire un livre sur le deuil? Écrire un livre sur la mort de soldats? Non, c'est plus que cela. C'est écrire un livre où, enfin, vont avoir la parole ceux que l'on n'entend pas.

 

Les familles, que ce soit les parents ou les épouses, les compagnons d'armes, les autres militaires, les supérieurs. Tous ces gens que l'on écoute jamais.

 

Ce livre est un témoignage, un hommage à toutes ces personnes qui ont vu leur vie chamboulée quand ils ont aperçu les militaires sur le pas de leur porte un beau matin.

 

La vie et la mort sont étroitement liées. Devenir soldat, c'est accepter cet état de fait, que la mort peut frapper à n'importe quel moment. Mais nous croisons la mort tous les jours. Seulement, cela nous saute moins aux yeux.

 

L'auteur a choisi de diviser son livre en étape: l'annonce de l'engagement puis celle du départ, la transition pour les soldats entre la France et l'Afghanistan, l'annonce de la mort, le retour des corps avec la cérémonie puis le travail de deuil qui suit.

 

Nous suivons ainsi l'évolution de ces familles.

 

Quel que soit le témoignage, le sentiment général est le même, dans une très grande majorité. Ce sont toujours les mêmes questions: pourquoi lui? Pourquoi s'est-il engagé? Pourquoi ce pays?

 

Je peux les comprendre, étant moi-même d'une famille de militaires. J'ai vu partir mon cousin pendant de longs mois dans son sous-marin. Mon parrain et ma marraine ont été en poste dans des pays en conflit pendant longtemps. Nous vivions aussi avec ce risque.

 

J'ose le dire mais sans critique, juste sous la forme d'un constat. Les gens qui ne le vivent pas ne peuvent pas comprendre ce que c'est.

 

Ce que j'ai apprécié dans ce livre, c'est de voir la parole donnée aux soldats également, à ces compagnons d'armes qui, non seulement doivent aussi faire leur deuil de leur ami, mais également vivre avec le sentiment de culpabilité du survivant.

 

Ils en parlent en toute franchise et j'imagine sans peine toutes les paroles non retranscrites par l'auteur, sûrement de peur que cela ne choque l'opinion publique. Mais ils ont pu en parler. Enfin on leur donnait la parole car, après avoir vu leur ami tomber, avoir porté leur corps pour ne pas le laisser sur place et n'avoir pas eu le temps d'encaisser la vérité, ils repartaient le lendemain sur une nouvelle mission.

 

J'imagine sans peine le calvaire psychologique subi par ces hommes et oui, je suis d'accord avec eux, l'armée présente beaucoup de lacunes sur l'aspect soutien psychologique aux soldats.

 

Nous pouvons également lire le témoignage de ces soldats survivants qui, sans tabou, racontent et nous font part de leur vie de maintenant, de cette déchéance morale et de cette lutte pour la survie.

 

La parole a été aussi donnée au personnel médical, qui doit se charger de la pénible tâche d'habiller les morts et de souvent tenter de leur redonner un semblant de visage. Eux, personne ne les écoute, ils ne peuvent pas s'épancher. Tout comme les hauts gradés, que l'on peut écouter enfin.

 

Voilà toute l'importance de ce livre. Il est donné la parole à ceux qui ne parlent pas, à ceux que l'on entend jamais. Car avant d'être un soldat, ces hommes étaient juste des hommes, des civils, comme si l'appartenance à l'armée faisait disparaître ce côté d'eux mais c'est ce qui les caractérise.

 

Avant d'être soldat, ils sont hommes.

 

1929 jours n'est pas un livre de deuil et d'acceptation. Il est un témoignage pour les gens, pour les générations futures, pour que l'on comprenne ce qui s'est passé et éviter de refaire les mêmes erreurs. C'est aussi une façon de nous dire de ne pas oublier.

 

J'ai longuement réfléchi à ce que j'ai lu et à ce que j'allais écrire. J'ai pris des notes, j'ai mis par écrit ce qui me traversait la tête pendant la lecture, tous ces sentiments ressentis.

 

Je souhaite éviter de rentrer dans le débat stérile qui pourrait découler tout naturellement de cette lecture, sur la présence de la France dans ces pays en guerre, de cette guerre qui semble tellement inutile pour beaucoup de monde et sur ces conséquences désastreuses.

 

J'évite délibérément de donner un avis sur ceci. Chacun a son avis là-dessus. J'ai souhaité ne parler que du contenu, des familles, des témoignages et de mon ressenti.

 

1929 jours doit être lu avec respect. Respect pour ces familles qui nous ouvrent leur cœur, respect pour ces hommes et femmes qui racontent ce qu'ils ressentent et vivent maintenant.

 

Il s'insère dans le devoir de mémoire que tout français devrait aider à perpétuer car, sans cela, on pourra vraiment dire qu'ils seront morts pour rien.

 

Si nous n'arrivons pas à apprendre du passé, alors ils seront morts en vain et cela n'est pas acceptable.

 

Marjorie

 

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Happy birthday

Happy birthday

Happy birthday La biblio girly !!!!!!!!

 

Eh oui, aujourd’hui, 9 février 2017, notre blog a un an. Ouiiiiiii déjà, happy smile!!!!!

 

Ce blog est né d’une idée commune entre ma mère et moi. Nous sommes des accros de livres, des vraies passionnées et nous adorons écrire. Alors nous nous sommes dit : pourquoi ne pas créer un blog pour partager notre passion ? Tant pis si peu de gens nous lisent, au moins on le fera pour notre plaisir.

 

On a cherché (beaucoup), on a fait des essais (plus ou moins réussis je le reconnais) et on se lance un beau jour (enfin).

 

Je dois avouer que, la première fois qu’un commentaire a été laissé, j’ai presque sauté au plafond telle une ado devant son idole…. Alors on a continué et on a adoré. Nous avons amélioré nos billets, leur forme et le résultat fut là.

 

J’ai eu aussi la chance, moi la fille, de faire la connaissance d’autres passionnés, avec qui j’ai développé une relation vraiment agréable et avec qui je rigole beaucoup, sans compter nos échanges littéraires.

 

En tout premier, car je l’ai rencontré au tout début de notre aventure et que, depuis, c’est une personne sur qui je peux compter, je présente Sylphideland, (alias coupine pour les intimes).

 

Là, je sais qu’elle va sourire en lisant ça et qu’elle va rougir car le compliment va lui aller droit au cœur. (Je parle même pas de la suite… Prépare les mouchoirs)

 

Je suis très contente de cette rencontre car ce fut une belle surprise. Elle m'a apporté des conseils, de l' écoute et des rigolades à gogo. Une belle complicité est née et je suis heureuse de la voir perdurer après tous ces mois.

 

Grâce à elle, j’ai découvert «  Oliver Peru et Peter May », entre autre. J’ai participé à mon premier « Cold winter Challenge ». Bref, je t’adore et, si tu es ok, on continue notre aventure.

 

Ensuite, il y a mon groupe de lecture des Bouquinovores, Jessi, Sabrina et Serena, sans oublier notre petite nouvelle Pauline.

 

Je les ai rencontrées grâce à Livraddict. J’ai rejoint leur groupe et je suis vraiment ravie de cette rencontre.

 

Encore des nanas fan de lecture qui me comprennent. C’est un autre monde qui m’apporte beaucoup. Grâce à elles, j’ai découvert « Les chroniques Lunaires ou encore Sebastian Fistek, sans parler des Vampires de Chicago ».

 

Les filles, je vous adore. Vous êtes présentes tous les jours et je sais que je peux compter sur vous pour échanger sur tout. Merci à vous toutes....

 

Mais ce blog fut aussi une aventure intense. J'ai osé partager ma passion à d'autres, inconnu(e)s et j'ai découvert une partie de moi que je ne connaissais pas.

 

J'ai découvert que j'arrivais à faire ressentir mes passions, mes coups de cœur, mes déceptions. J'ai senti que je m'améliorais dans l'écriture. J'ai compris que je voulais m'épanouir encore plus dans ce milieu.

 

La tenue de ce blog a été une véritable bulle salvatrice dans une année 2016 riche en rebondissements et difficile sur le plan professionnel. Il m'a aidé à tenir le choc (je sais ça fait très cliché mais c'est vrai).

 

J'ai eu aussi la chance de découvrir des auteurs français moins connus que nos grandes stars. Je pense à « Benoît Couzi, Jack-Laurent Amar ou encore Tolbiac Juillet » (dont je dois absolument lire le livre sans plus attendre) et qui ont croisé mon chemin un beau jour.

 

Ce fut de belles rencontres qui, je l'espère, perdureront car, grâce à eux, j'ai découvert que j'aimais partir à la rencontre de ces auteurs là. De ces hommes et femmes qui écrivent magnifiquement bien et qui veulent être reconnus pour ce talent et pour ce qu'ils sont.

 

Je pourrais ainsi continuer pendant des pages et des pages tellement cette première année fut riche de tout.

 

Alors je vais arrêter là et faire une petite conclusion.

 

Je tiens à vous remercier tous, auteurs, amis bloggers, groupe de lecture, simples accros de passage sur mon blog, vous tous qui faites vivre le monde de la lecture et qui donnez envie de continuer l'aventure.

 

Je vous dis à l'année prochaine pour les 2 ans de notre bébé....

 

Maman (Kalou) est ravie de participer avec sa fille à cette aventure, de beaux échanges, de superbes découvertes, de l'humour, des livres... que demander de plus. Rendez-vous pour les 2 ans du blog « le bébé littéraire de mon bébé….. »
Ce petit trait d'humour, ce petit clin d'oeil à ma fille.

 

Marjorie et Kalou

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Comme des nains dans leurs mains

Benoît Couzi

Benoît Couzi

L’histoire :

 

On dit souvent qu’il suffit d’une minute pour changer une vie. Dans le cas de notre personnage principal, il aura suffi d’un petit trajet en voiture. Un simple petit trajet de quelques minutes et sa vie bascule.

 

En l’espace de quelques instants, un homme tout ce qu’il y a de banal, la cinquantaine, marié, père de grands enfants et chef d’entreprise, se retrouve en prison pour une simple erreur : il a conduit sans permis.

 

A compter de ce moment-là, il va tout simplement perdre le contrôle de sa vie et se retrouver dans les arcanes judiciaires.

 

Comment réussit-on à survivre à une telle épreuve ? Comment réussit-on à revivre après ?

 

Mon avis :

 

Benoît Couzi m’a fait l’honneur de me transmettre son premier roman et je tiens vivement à le remercier pour ce geste qui me va droit au cœur.

 

Pour écrire ce livre, Benoît Couzi s’est servi de sa propre expérience de visiteur de prison grâce à laquelle, pendant une période de plusieurs mois, il a pu rencontrer de près une quarantaine de détenus qui lui ont fait de leur expérience.

 

 

Il a pu côtoyer tout type de détenus, que ce soit de jeunes hommes, habitués à la prison, ou encore des hommes proches de notre personnage, qui se sont retrouvés en prison pour des délits du genre perte de permis.

 

 

Dès le début, nous sommes entraînés au côté de cet homme, Stéphane, qui a une vie toute rangée mais le malheur de perdre son permis à cause d’un excès de vitesse. Après avoir été prévenu par le Magistrat qu’il risquerait plus s’il conduisait sans permis, la vie l’a mis dans une telle situation qu’il se retrouve à devoir conduire.

 

Le sort s’acharne sur lui et le met sur la route du gendarme qui a procédé à son arrestation la dernière fois. On peut vraiment dire qu’il n’a pas de chance.

 

Sa longue descente aux enfers va commencer, malheureusement pour lui.

 

Ce livre m’a touchée au plus profond de mon être par sa justesse et son réalisme. Le destin de cet homme m’a émue. Nous allons le suivre pendant toute son incarcération, que ce soit son arrivée à la prison, son installation ou encore son transfert, le passant du statut de prévenu à celui de détenu, nous allons accompagner Stéphane et vivre à ses côtés.

 

Je le trouve étonnamment fort et solide, malgré l’image qu’il donne. Mais après tout, que peut-il faire d’autre ? Montrer sa faiblesse n’est pas vraiment pas la meilleure solution en prison.

 

L’auteur a choisi de nous montrer ce que devient un homme quand il se fait incarcérer, comment il perd son identité pour devenir un numéro et perd le peu d’humanité qu’il peut encore avoir pour ne devenir « qu’une bête ».

 

La prison change un homme, ce qui est normal quand on pense aux conditions dans lesquelles ils sont incarcérés. Il est dénoncé le fait qu’on ne cherche pas à mettre les détenus en face de leurs erreurs afin qu’ils comprennent ou tentent de se repentir. On les met juste en face de leur peine, sans autre explication.

 

La prison est un monde à part, qui joue sur le moral autant des prisonniers que des surveillants et du personnel y attaché.

 

On ne peut sortir indemne d’un tel endroit et notre personnage le ressent, le poussant à s’accrocher d’autant plus à son projet, qui le maintient en vie, l’écriture de son livre.

 

J’ai eu beaucoup d’admiration pour cet homme et je n’ai eu qu’une envie, qu’il s’en sorte.

 

Ce premier roman est une vraie réussite, écrit magnifiquement bien et qui présente les détenus sous un autre angle. On sent le travail minutieux qui a été nécessaire pour son écriture, ce qui d’autant plus admirable.

 

Comme des nains dans leurs mains montre au lecteur l’envers du décor de la vie carcérale, comment la prison joue aussi bien sur le moral des détenus que sur celui du personnel.

 

Certains passages sont plus difficiles que d’autre, je pense en particulier à une scène se passant dans la cour de la prison et m’ont fait beaucoup de peine. J’imagine aisément comment l’auteur a dû être marqué par ce temps passé en prison à rencontrer tous ces détenus et à entendre leur vie.

 

Ce livre est une sorte d’hommage à ces hommes communs qui, un jour, ont vu leur vie basculer pour une erreur et qui n’ont plus jamais été les mêmes. Ces hommes dont on parle peu car ils ne défrayent pas la chronique mais qui vont payer le prix d’une simple erreur.

 

Ce livre est émouvant mais magnifique à lire.

 

Très bonne lecture à tous

 

Marjorie

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