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Articles avec #huis clos catégorie

De force

Karine Giebel

Karine Giebel

L’histoire :

 

Un soir, alors qu’elle promène son chien Charly, Maud est prise pour cible par un homme dangereux qui tente de l’agresser physiquement. Elle se fait rouer de coups mais est miraculeusement sauvée par l’arrivée d’un homme, Luc, qui arrivera à faire décamper l’agresseur.

 

Qui peut en vouloir à cette jeune femme d’à peine 20 ans ? Est-elle la cible ou serait-ce plutôt son père, Armand, chirurgien orgueilleux et vaniteux qui aime un peu trop sa fille ?

 

Luc, garde du corps, est engagé pour protéger Maud. Il se retrouve bientôt à devoir vivre dans une ambiance étouffante où règnent jalousie, mensonges et faux semblants.

 

Qui est la cible et qui est la taupe ?

 

Mon avis :

 

On dirait bien que je ne me lasse pas de Karine Giebel. J’avoue que lire deux de ses romans très récemment m’a donné envie de me replonger dans son univers sombre. Je dois être un peu maso. Moi qui adore les fins heureuses, je suis servie….

 

De force, rien que le titre donne froid dans le dos, commence lors d’un enterrement. Une personne, homme ou femme, enterre sa mère et, par la même occasion, son passé douloureux. La découverte d’une lettre, lui révélant toute la vérité sur son passé et sa vie, va tout changer pour notre inconnu(e).

 

Chapitre suivant : une allée boisée, une fin de journée à Nice. Maud promène Charly, son braque, quand elle se rend compte de la présence d’une silhouette devant elle, d’aspect menaçant. Cet homme la menace, connait son nom et commence à la rouer de coups, avant de tenter de la violer.

 

L’arrivée de Luc, un joggeur pensant par là au même moment, va lui sauver la vie. Reconnaissant de la situation, Armand, son père, engage Luc, garde du corps de son état, pour protéger sa fille, très clairement visée pour abattre le père.

 

Rien que ces lignes donnent l’aperçu de l’histoire. Luc, bon samaritain qui passe au bon endroit au bon moment. Une jeune fille pourrie gâtée qui s’abandonne dans l’héroïne pour oublier sa très courte vie. Un père qui aime beaucoup trop sa fille et pas comme il le faudrait. Des mensonges qui ne font que pourrir l’atmosphère.

 

L’histoire est lourde. Le personnage de Maud tape sur le système. Pauvre petite fille malheureuse qui s’en veut de la mort de sa mère, dont elle serait responsable, qui joue sur les sentiments de son père pour avoir ce qu’elle veut.

 

Sa réaction vis-à-vis de Luc est égale à celle d’une enfant qui veut le jouet de la voisine et pique sa crise pour l’avoir. Dans le même temps, Luc joue un jeu dangereux en ne repoussant ni la fille, ni la gouvernante, ni la belle-mère.

 

L’histoire est tout de même prenante. On sent très vite l’idée d’une vengeance mais, là où l’on met plus de temps à comprendre, c’est pour l’identité de la taupe qui renseigne le fou.

 

Les personnages voient leur vie décortiquée lentement mais surement. Une impression de lourdeur accompagne le roman tout au long de son déroulé.

 

Mais, alors que nous sommes pris dans l’engrenage de l’histoire, la fin est bâclée. Elle arrive très vite et n’est pas assez développée, à mon sens. Le dénouement, la scène finale, le moment des révélations se fait trop vite, comme si l’auteure voulait terminer son roman et point.

 

J’aurais apprécié plus d’actions, de suspens, rester avec pleins de questions, imaginer des rebondissements en cascade, mais non.

 

Et puis, certains personnages auraient pu voir un développement plus poussé pour nous amener, encore plus, à imaginer pleins de scénarios possibles (je pense par exemple au jardinier…)

 

La vérité est dévoilée, ça se termine plutôt mal (ça ce n’est pas étonnant avec Karine Giebel) puis point à la ligne. Fin du roman. J’ai trouvé ça un peu décevant mais, dans l’ensemble, De force est très réussi quand même.

 

Niveau écriture, comme toujours, Karine Giebel ne déçoit nullement. Son style est reconnaissable. C’est une lecture prenante, une sorte de huis clos, au sein d’une famille déchirée et dont les membres sont tous aussi malades les uns que les autres.

 

En résumé, de force est un très bon thriller de Karine Giebel, mais dont la fin laisse un peu à désirer, tant sa terminaison abrupte est surprenante.

 

Très bonne lecture à tous

 

Marjorie

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SYNGUE SABOUR

Atiq Rahimi

Atiq Rahimi

L'histoire :

Cette pierre que tu poses devant toi..devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères..à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres...Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour, elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines....Comment appelle-t-on cette pierre ?

 

Mon avis : 

 

Quelque part en Afghanistan, sur fond de guerre, le décor est réduit à une chambre sans meuble, un homme grièvement blessé silencieux, une femme qui le soigne, et dans la pièce à côté deux petites filles au début de l'histoire.

 

On ne connaît pas le prénom des protagonistes, l'atmosphère est étouffante, le tête à tête entre cette femme et son mari est angoissant.

 

Le monologue de cette femme, un constat presque clinique qui déroute, le récit de sa courte vie faite d'humiliations, de mariage imposé avec un homme plus âgé qui passe son temps à faire la guerre, ses rancoeurs, son enfermement, l'aliénation des femmes par les femmes (belle-mère), la solitude, l'absence de communication.

 

Ce monologue est très violent, très cru, sa haine pour la vie qu'on lui impose.

 

Très peu d'autres personnages traversent cette histoire, le mollah, les petites filles, les soldats qui envahissent sa maison et lui volent son coran, et le jeune soldat qui va revenir la voir.

 

Il y a de très furtifs éclairs de tendresse dans les paroles de cette femme, pour sa tante et son beau-père. La femme confie son immense douleur à une "pierre de patience" parler pour mourir enfin libre.

 

La fin de ce récit est effrayante, j'avoue que j'ai eu du mal avec cette lecture, mais il faut lire ce livre, car il est important de découvrir comment vivent ces femmes.

 

Ce livre est le prix Goncourt 2008, je l'ai découvert très tardivement à l'occasion d'un café littéraire, dont le thème était l'oeuvre de cet écrivain.

 

Kalou

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