Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #litterature americaine catégorie

ATTACHEMENT FEROCE

Vivian GORNICK

Vivian GORNICK

L'histoire :

 

Une mère, une fille. Elles s'aiment profondément. Se haïssent éperdument. Impossible de vivre ensemble, impossible de se séparer pourtant. De ce lien unique, Vivian Gornick tire un texte bouleversant, qui va bien au-delà du récit intime. Tandis que sa mère et elle arpentent les rues de New York et leurs souvenirs, défilent des personnages, des moments de comédie, des amants, des rêves, des déceptions.

Autant de portraits de femmes et de destins inoubliables, recréés par une conteuse à la lucidité tranchante, Vivian, gamine du Bronx devenue écrivain. Attachement féroce est le puissant roman d'une vie. La sienne, la nôtre.

 

Née en 1935, Vivian Gornick est une véritable icône en Amérique : journaliste au Village Voice, elle est une figure féministe et une critique littéraire respectées.

 

Mon avis :

 

Deux femmes, la mère et la fille marchent dans les rues de New York, et leurs longues promenades rituelles virent à chaque fois à l'affrontement. Elles s'aiment et se haïssent. Mais ne peuvent vivre l'une sans l'autre.

 

Cette histoire nous emmène à New York dans le quartier du Bronx, dans un immeuble pauvre où se côtoient des familles juives, les femmes dominent, on vit avec les voisines, dont Nettie une femme à découvrir et la tante Sarah. Les hommes passent ce ne sont que des silhouettes, soit ils ont un rôle peu flatteur ou un rôle négatif.

 

Le Bronx à l'époque est un vrai patchwork de territoires ethniques, les rues dominées par les irlandais, les italiens et les juifs.

 

Quand le père de Vivian meurt alors qu'elle n'a que treize ans, sa mère sombre dans une profonde dépression, que sa fille va absorber comme une éponge.

 

La mère est une vraie « mama juive »,dans toute son outrance, elle est grandiose, tragique, grotesque, passe sa vie à pleurer cet amour perdu, elle met en scène son veuvage, elle s'y consacra avec « un dévouement talmudique... »

 

Vivian va rentrer au City Collège à New York, ce qui va lui permettre de s'émanciper, de découvrir un autre monde, la littérature. Le plaisir de d'échanger, d'apprendre. Les idées sont excitantes et d'une compagnie exaltante.

 

Vivian devient une journaliste réputée, mais elle est incapable d'avoir une vie sentimentale stable, mariage, divorce, relation passionnée avec un homme marié plus âgé. Vivian doute beaucoup, et une remarque de sa mère et tout s’effondre.

 

On voit l'affrontement de deux femmes qui doutent, mal préparées à la vie, socialement inadaptées l'une veuve, l'autre divorcée et toutes les deux incapables d'avoir une vie de famille.

 

C'est un récit autobiographique particulièrement cruel, à la fois comique et d'une grande tristesse. Mais la mère et la fille crient toutes les deux leur besoin d'amour qu'elles sont incapables d'exprimer, peut être parce qu'elles se ressemblent trop, ce dont Vivian s'aperçoit avec horreur.

 

Vivian essaye de s'éloigner de sa mère, de cette relation toxique, mais les chaînes qui les relient sont très solides.

 

Un livre vraiment passionnant, par moment, carrément effrayant par la violence des rapports entre cette mère et cette fille. Mais quelle belle langue, et puis c'est une très belle promenade dans les rues de New York des années 30 aux années 80. C'est un hymne à cette ville et ces quartiers.

 

C'est une écriture au scalpel, mais vraiment à découvrir. A lire d'une traite.

 

Kalou

 

Voir les commentaires

NOS ÂMES LA NUIT

Kent HARUF

Kent HARUF

L'histoire :

Addie, 75 ans, veuve depuis des décennies, fait une étrange demande à son voisin, Louis : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour se parler, se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure....Bientôt bravant les cancans de la petite ville de Holt où ils vivent depuis toujours Addie et Louis se retrouvent presque chaque soir. Ainsi commence une belle histoire d'amour, lente et paisible, faite de confidences, chuchotées dans le noir, de mots de réconfort et d'encouragement. Mais très vite, les enfants d'Addie et de Louis s'en mêlent, par égoïsme et, surtout, par peur du qu'en-dira-t-on.

Ce livre testament, publié quelques mois après la mort de l'auteur est une célébration de la joie, de la tendresse et de la liberté. De l'âge aussi, qui devrait permettre de s'affranchir des conventions pour être heureux tout simplement.

 

Mon avis :

 

Que c'est bon un livre comme cela, c'est fait un bien fou au moral, un grand moment de fraîcheur. Ils veulent être heureux, vivre quelques instants de bonheur, dormir ensemble, se parler, et surtout beaucoup de tendresse.

 

Mais voilà dans une petite ville, où tout le monde se connaît, où les rumeurs et les ragots dominent, où la jalousie fait des ravages, peut-on vivre sa vie comme on l'entend ?

 

Et puis surtout les enfants, leurs chers enfants à tous les deux, surtout le fils d'Addie (Gene) dont la vie fait naufrage aussi bien professionnelle que personnelle se mêlent de cette histoire.

 

Avec un seul désir mettre fin à cette complicité, Gene se permet de faire une leçon de morale à sa mère et surtout d'exercer sur elle un chantage particulièrement pénible en y mêlant son petit garçon de six ans Jamie.

 

J'avoue que par moments, j'avais envie de dire "mais de quoi je me mêle...." Je comprends la réaction d'Addie qui s'est attachée à son petit-fils si malheureux entre des parents qui se déchirent et si jeune donc ne peut se défendre et donner son avis.

 

Donc Addie cède au chantage de son fils et promet de ne plus voir Louis. Car de la part de Gene, il y a la peur, si sa mère se remarie il risque de ne pas récupérer tout l'argent, et il envie le bonheur d'Addie et de Louis.

 

J'ai aimé ce livre, très poétique et très joyeux de ces deux êtres qui n'ont pas été vraiment heureux dans leur vie conjugale respective, d'assister à leurs escapades avec Jamie et la petite chienne, le camping et leur sentiment de liberté, et de pouvoir tout se dire sans pudeur.

 

Il est fort dommage à notre époque, nous sommes au 21eme siècle quand même, et à leur âge, "qu'on" les empêche d'être heureux.

 

La lecture de ce livre va peut-être permettre à certains enfants d'admettre que leurs parents âgés, puissent avoir envie d'être autre chose que de respectables grands-parents.

 

Ce livre est un hymne à l'amour et à la liberté, un peu de lenteur dans ce monde de brutes, et puis aussi à la tolérance, changer notre regard par rapport à la vie de nos parents ou grands-parents. Je vous souhaite une très bonne lecture en compagnie d'Addie et de Louis, c'est un merveilleux moment d'humour et d'amour.

 

Kalou

 

 

Voir les commentaires

JE SUIS INTERDITE

Anouk MARKOVITS

Anouk MARKOVITS

L'histoire :

En Transyvanie où ses parents ont été massacrés sous ses yeux en 1939 par la Garde de Fer roumaine, le petit Josef aide Mila orpheline comme lui, à trouver la famille Stern, qui accueille la fillette. Les Stern s'installent à Paris, après la guerre et élèvent Mila et Atara, leur aînée. Tandis qu'Atara refuse les contraintes du fondamentalisme juif, Mila vit sa foi avec bonheur. Devenue une jeune femme, Mila rejoint Josef à New York, où leur mariage est arrangé. Ils vont vivre une magnifique histoire d'amour que la seule la transgression de Mila viendra ébranler. Roman vibrant construit autour de rapports conflictuels entre la foi et l'amour. "Je suis interdite" nous fait pénétrer, à travers quatre générations, un univers qui nous est inconnu.

 

Mon avis :

 

Ce n'est pas une lecture facile, mais c'est un grand livre merveilleux, car l'auteure est très respectueuse de ses origines, elle ne juge pas, ne critique pas, elle nous raconte une très belle histoire.

 

De 1939 à nos jours, nous suivons le quotidien, l'éducation et les traditions d'une communauté de juifs hassidiques, qui vivent dans le respect absolu et la lettre des textes sacrés.

 

De Transylvanie pendant la guerre, en passant par la France et aux Etats-Unis, l'auteure nous raconte leur histoire, le génocide et les survivants. Et plus particulièrement de Mila, Josef et Atara.

 

Mila qui se fond avec bonheur et sans aucun questionnement dans cette vie, accepte d'arrêter ses études et attend son mariage organise par la communauté.

 

Atara la rebelle, veut continuer à apprendre, avoir un métier, elle lit beaucoup et des livres interdits, découvre à Paris la bibliothèque St Geneviève. Atara se pose des questions, elle veut évoluer, et remet en cause cette vie qu'on veut lui imposer.

 

Et d'ailleurs, quelque temps après le mariage de Mila, Atara choisit de s'enfuir, de quitter la communauté, pour sauver sa vie, mais qui pour elle, va être ressenti comme un violent traumatisme.

 

Bientôt le mariage de Mila et de Josef est organisé à Willamsburg quartier de New York occupé par une importante communauté hassidique. Ils y vivent heureux dans le strict respect de la loi et des études de la religion. Mais Mila n'arrive pas à être enceinte et au bout de dix ans de mariage sans enfant, un juif a le droit de divorcer.

 

C'est là que Mila va désobéir à toutes les lois qui régissaient sa vie. Cette violation au respect des codes aura raison de son couple.

 

Cette une histoire sur l'enfance, le conditionnement, le poids terrible des traditions qui poussent à la faute, l'intolérance et les choix de vie.

 

Un monde fait de lois à ne pas transgresser, où l'on ne peut s'interroger, un monde de rigueur, de pureté, de soumission et si les lois ne sont pas respectées, on risque l'exclusion. 

 

La pression sur la femme qui ne peut enfanter est terrible.

 

Josef est un homme très seul, il vit avec ses peurs, je le trouve très touchant dans ses contradictions et ses souffrances. 

 

J'ai cependant un regret, on suit la vie de Mila et de Josef et ensuite leur fille et ses enfants, mais on ne sait rien de la vie d'Atara la rebelle, qui quitte sa communauté, on a des bribes de sa vie à la fin du livre et je trouve cela dommage.

 

C'est une excellente lecture, qui m'a permis d'approcher un monde, une culture qui m'était totalement inconnu. Une très grande découverte. Bonne lecture à vous.

 

Kalou

Voir les commentaires