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Articles avec #manipulation catégorie

Meurtres pour rédemption

Karine Giebel

Karine Giebel

L’histoire :

 

Elle est jeune, très jeune. Elle s’appelle Marianne. Pour la justice, elle est un danger public. Elle sera enfermée, à vie. Réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sureté de 22 ans. La fin d’une vie quand on a 17 ans.

Son crime ? 2 morts et une femme enceinte paraplégique à vie. Elle a tué, de sang froid, sans état d’âme.

Sa vie va maintenant se résumer à une éternité en prison. Jusqu’au jour où elle reçoit une proposition surprenante : un meurtre contre la liberté.

Un meurtre pour sa rédemption….

 

Mon avis :

 

Deux Karine Giebel à la suite, une forme de suicide de l’espoir et de la bonne humeur… Mais je suis accro, c’est horrible.

Celui-là me faisait de l’œil depuis longtemps. C’est un gros pavé à ingurgiter, dont on ne sort pas indemne d’une telle lecture.

L’histoire débute avec Marianne de Gréville, une jeune femme de bientôt 21 ans, en prison depuis 4 ans pour 2 meurtres de sang froid et avoir blessé une policière au point de la mettre dans un fauteuil roulant alors qu’elle était enceinte.

Pour ça, elle est condamnée à perpétuité avec une peine de sureté de 22 ans. En langage clair, cela signifie qu’elle passera au minimum 22 ans derrière les barreaux, sans être sûr qu’elle puisse sortir après.

En prison, elle tuera une détenue et enverra à l’hôpital une matonne…. Elle n’est pas une enfant de cœur.

Pendant les 200 premières pages environ, nous allons la suivre dans sa vie quotidienne en isolement dans la prison qui la reçoit. Etant accro à l’héro et aux clopes, elle se « prostitue » avec le gradé pour avoir ses doses…

Il faudra attendra un bon quart du roman pour entrer dans le vif du sujet. Un beau jour, Marianne a un parloir et se retrouve face à 3 hommes qui lui proposent un contrat très particulier.

En échange d’un dernier meurtre, elle sera libre. Ils la feront évader. Sur le coup, elle n’en croit rien mais sa situation, allant de mal en pis, sa seule possibilité reste d’accepter.

Elle ne va penser qu’à sa liberté future et à l’occasion qui lui sera donnée d’en profiter. Mais pourra-t-elle aller jusqu’au bout ? Sa rédemption doit-elle passer par le geste d’ôter une nouvelle fois une vie humaine ?

Je dois avouer que pendant une très grande partie du roman, je considérais Marianne comme une vraie tête à claque. C’est une sale gamine, fille d’une famille riche, qui s’encanaille à 17 ans et va gâcher 3 vies en plus de la sienne. Une partie d’elle regrette mais l’autre partie ne peut s’empêcher de se donner une image de dure pour vivre en prison.

Puis mon regard a évolué face à tant de maturité dans un si petit corps. Elle va donner des leçons d’humanité, elle la tueuse de sang froid, à des coriaces qui pensaient se servir d’elle.

Elle va surprendre le lecteur par son intelligence et sa capacité de compréhension des autres, arrivant à lire ce que les autres pensent cacher. C’est comme ça qu’elle réussira à atteindre ses compagnons au plus profond de leur être.

C’est aussi ce qui la met en danger car, finalement, elle oblige ces personnes à se montrer à nu alors qu’ils font tout pour se cacher. N’est-ce pas le propre de l’Homme de chercher à se montrer sous son meilleur jour après tout ?

Plus on avance dans la lecture et plus le rythme s’intensifiait, nous tenant en haleine dans cette sombre histoire de manipulations et de scandales étouffés ?

Marianne se révèlera être le personnage le plus intelligent et le plus fiable, à sa façon. Mais, comment pourrait-elle vivre avec une conscience aussi chargée ?  Elle comprend qu’elle ne sera jamais libre, même en dehors des murs de sa cellule.

Elle comprend que la liberté, c’est de pouvoir choisir où elle sera, non pas physiquement mais mentalement. C’est de pouvoir choisir ce qu’on fera de sa propre vie. Marianne sera libre, à sa façon, mais ce sera sa plus belle victoire, car elle décidera de sa liberté.

La fin est tout simplement très émouvante et magnifique, dérangeante aussi mais pour d’autres raisons. Je suis sortie de là très retournée et j’avoue que, depuis, je n’ai pas réussi à lire autre chose que du léger…

Âme sensible s’abstenir.

Très bonne lecture à tous.

Marjorie

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Maîtres du jeu

Karine Giebel

Karine Giebel

Deux nouvelles, deux histoires poignantes et tragiques. Du grand Karine Giebel.

 

D’un côté, Post mortem, de l’autre, J’aime votre peur.

 

Il y a Aubin et Morgane, dans un premier temps. Un rendez-vous chez le notaire. Un héritage troublant, une famille en deuil. Morgane, l’actrice, la vedette, reçoit un château en héritage d’un homme qu’elle ne connait pas. La famille est divisée dans sa peine. Qui est-elle pour justifier de recevoir le bien le plus précieux de cet homme, mort trop tôt.

 

Mais il y tient, elle en fera un foyer pour jeunes. Il lui laisse une lettre où il explique tout. Elle doit suivre ses instructions. Qui peut s’opposer aux dernières volontés d’un mort ? Alors elle ira. Alors elle verra. Que trouvera-t-elle au bout de ce voyage ?

 

 

Dans un second temps, il y a Yann et Maxime. Tout les oppose. Yann est flic. Maxime, un tueur en série arrêté par Yann. Après 6 ans à croupir en prison, il s’évade.

 

Il est malade, comme ils disent tous ces hommes en blouse blanche. Son truc à lui, c’est de cibler les couples, de violer et tuer la femme sous les yeux des hommes, qui mourront ensuite. Son truc à lui, c’est de prendre aux autres.

 

Il s’évade et, dans le début de sa cavale sanglante, il laissera un mort et deux blessés graves. Il a besoin de passer les barrages. Quoi de mieux qu’un bus empli d’enfants handicapés pour y arriver.

 

Alors le voilà, en route pour le Vercors, avec 16 enfants comme bouclier. Yann est sur le pied de guerre. Il le sait, Maxime est violent, il n’a peur de rien. Il va lui falloir affronter le pire meurtrier qui ait croisé sa route.

 

Malgré les soins, malgré l’enfermement, Maxime est pire qu’avant. Comment cela va-t-il finir ?

 

Maîtres du jeu contient ces deux nouvelles qui se dévorent plus qu’elles ne se lisent, et marquent les esprits du lecteur. Par ces centaines de pages, Karine Giebel démontre l’entièreté de son talent pour décortiquer l’âme humaine et ses dérives. Vous êtes pris aux tripes.

 

Son imagination est sans limite et son talent indéniable. Ces deux nouvelles sont brillamment écrites et vous emporteront dès les premiers mots. Que ce soit Morgane et sa vie, soit disant sublime d’actrice, qui ne l’est pas tant que ça ou Aubin, acteur à la vie fauchée par un accident et qui partira trop tôt.

 

C’est le point commun à tous les romans de l’auteure. Les personnages sont justes, dans le sens où ils ne sont pas surfaits. Ils sont comme nous (au sens global). Ils ont leurs défauts, leur caractère. Ils sont humains, aussi bien dans tout ce qui est positif que sombre.

 

Cette justesse de l’humain donne du poids à ses livres, faisant d’elle une auteure extrêmement appréciée. Comme toujours, elle nous « balade » jusqu’à la fin, nous faisant croire que nous avons deviné l’épilogue et nous faisant nous réveiller brutalement, tant cette fin est loin de notre réalité.

 

Je le dis souvent, on aime ou on aime pas Karine Giebel, il ne peut y avoir deux poids deux mesures. Et comme toujours, ne pensez pas à un happy end avec elle, vous seriez déçus…

 

Ce recueil de nouvelles est à lire absolument.

 

 

Marjorie

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De raphia et de soie

Benoît Couzi

Benoît Couzi

L’histoire :

 

Paul a tout pour lui. Une société qui fonctionne, une épouse aimante, une très belle maison. Une belle vie en somme. Que demander de plus ?

 

Jusqu’au jour où son fidèle bras droit le quitte du jour au lendemain sans raison particulière. Alors qu’il tente de remonter la pente, sûr de lui et de son succès, Paul voit son monde s’écrouler.

 

Entre des malfaçons, des contrats non honorés, Paul commence à se rendre compte que rien ne va plus. Ses amis lui tournent le dos, plus personne ne le soutient.

 

Du sommet, la chute est brutale.

 

Mon avis :

 

J’ai eu la surprise d’être contactée directement sur mon blog par l’auteur pour me proposer de recevoir son livre pour le chroniquer.

 

J’ai accepté avec grand plaisir et j’ai entamé la lecture de ce livre. Je me répète mais, tout le monde le sait, j’aime lire les auteurs dont les noms ne défrayent pas la chronique (oui oui suis pas fan de Musso et compagnie).

 

Je remercie chaleureusement Monsieur Benoît Couzi de m’avoir donné la possibilité de découvrir son roman, que j’ai lu en quelques heures. J’apporte ma petite contribution à l’édifice de votre évolution littéraire, je le souhaite en tout cas.

 

En peu de mots : j’ai a-do-ré….

 

Nous débutons l’histoire avec Paul, chef d’entreprise très fier de sa réussite, sûr de lui et de ses capacités, qui va se retrouver du jour au lendemain sans associé, ce même homme en qui il avait placé toute sa confiance.

 

Pensant pouvoir très vite remédier à cette situation, Paul va tomber de haut et enchaîner les déconvenues, jusqu’à arriver au plus bas.

 

On dit toujours que, quand on est au plus bas, on ne peut que remonter. Mais faut-il encore qu’on laisse la possibilité de remonter.

 

Le sort va s’acharner sur Paul, comme voulant le punir. Mais de quoi ? D’avoir trop réussi ? D’avoir tout ce qu’il veut ?

 

Plus Paul tente de s’en sortir et plus il s’écroule.

 

Ce roman est une réussite et très bien écrit. La plume de l’auteur est très agréable à lire et légère. Les descriptions, tant du paysage que des situations, sont bien placées et sans trop de lourdeur. Le style d’écriture est élevé.

 

Les personnages sont très humains, sans fioriture ni excès. On peut s’identifier à eux, leur donnant d’autant plus de crédit et de réalité.

 

Ce roman est la descente aux enfers d’un homme contre qui le destin va se liguer, manipulé sans s’en rendre compte par une force, au final bien supérieure à lui.

 

L’intrigue est comme une toile d’araignée, savamment tissée autour des personnages. On se pose des questions, on suppute des hypothèses mais la vérité finale est toute autre.

 

La quête de la vérité ultime nous pousse à avancer la lecture pour enfin comprendre la vérité.

 

Il y a beaucoup d’imagination dans ce roman, qui mérite d’être lu par le plus grand nombre.

 

De raphia et de soie est un très bon roman français, au suspens présent, une très bonne analyse de la psychologie humaine et au rythme soutenu.

 

Je vous encourage vivement  à le lire.

 

Très bonne lecture à vous tous les accros

 

Marjorie

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