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Articles avec #roman francais catégorie

L'héritage des Rois Passeurs

Manon Fargetton

Manon Fargetton

L’histoire :

Alors qu’elle se réjouit à l’idée de fêter son anniversaire en compagnie de sa famille, de son jumeau Erwan et de ses amis, Enora a la surprise de voir arriver Axel, son béguin de jeunesse, de retour après 9 ans de voyages.

Alors qu’elle profite de ces instants de bonheur, 5 voitures débarquent subitement, laissant un vrai bain de sang après leur départ. Toute sa famille est tuée, sans exception. Seuls Axel et Enora s’en sortent, ayant fui à l’arrivée de ces hommes.

Dans le même temps, Ravenn combat des dragons au sein de la meute mais doit revenir chez elle, afin de prendre possession du trône qui lui revient.

Quel lien peut-il exister entre ces deux femmes que tout oppose ?

 

Mon avis :

Ca faisait plusieurs semaines que ce livre était sur ma table de chevet, sans avoir réussi à dépasser les 15 premières pages. Puis subitement, sur un coup de tête, je l’ai repris dans la semaine et je l’ai dévoré en quelques jours.

J’avais été attirée par la couverture magnifique de ce roman et je dois avouer que je n’ai pas du tout été déçue de cet achat coup de tête.

Ombre et Rive, deux mondes liés, l’un étant l’opposé de l’autre, qui ne communiquent pas entre eux, sauf pour les passeurs. Le hic, c’est qu’il n’est plus censé y avoir de passeur, encore moins une femme.

Car oui, Enora a ce pouvoir et c’est d’ailleurs ce qui va lui sauver la vie quand elle va se retrouver poursuivie par ceux qui ont décimé sa famille. Où se réfugier sinon au seul endroit où ils ne peuvent aller.

Accompagnée de ses gardiens, Julian et Charly, Enora part se réfugier dans ce monde, royaume de Raven, princesse exilée depuis 9 ans qui va partir à la reconquête du trône royal.

Ce monde mêle magie et royauté, teinté de beaucoup d’humour. L’auteure a été jusqu’à inventer un langage propre à Rive, qui perturbe beaucoup sur le coup.

Je ne connaissais pas du tout Manon Fargetton quand j’ai acheté ce roman. Ce fut une agréable surprise dont je suis ravie, cette auteure ayant beaucoup de talent.

Sa plume est très agréable à lire et sans lourdeur. L’histoire débute très vite et son rythme ne cesse de s’accentuer. Elle est bien pensée et les personnages sont vraiment touchants.

Enora est quelque peu tête à claque par certains moments mais, vu ce qui est arrivé à sa famille, on peut aisément comprendre son attitude. On se prend de passion pour Charly et sa tendance à la positive attitude sans faille. On prie pour que Ravenn reste assez longtemps en vie pour obtenir ce qu’elle veut. Et on meurt d’envie de comprendre toute cette histoire.

Cette histoire est un méli mélo d’intrigues en tout genre, de complots, de faux semblants et de mensonges à profusion. Tout le monde y va de sa manipulation et il faudra beaucoup de patience et de prudence à nos héros pour démêler le vrai du faux.

Ce roman est très bien construit et les enchaînements sont fluides. Aucune lourdeur à la lecture ni de descriptions à rallonge. Il y a beaucoup de majesté dans ce roman, j’ai beaucoup aimé l’idée d’une lignée de Rois Passeurs, capables de former des passages entre les mondes, afin de protéger le royaume.

Je trouve d’ailleurs que c’est un peu de l’univers à la Tolkien et son célèbre Seigneur des Anneaux. Avec l’héritage des rois passeurs, nous assistons à un retour aux sources de la fantasy.

En résumé, ce roman de la française Manon Fargetton est une réussite, un classique du genre pour les fans de fantasy, bien écrit et pensé, qui plaira au plus grand nombre.

 

Marjorie

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Nymphéas noirs

Michel Bussi

Michel Bussi

L’histoire :

Il était une fois un petit village bucolique appelé Giverny, fief du célèbre Claude Monet, bordant l’Epte et sentant bon le calme. Jusqu’au jour où un corps est retrouvé au bord du ru. Il s’agit de Jérôme Morvan et il semble avoir été tué.

Fraîchement muté en Normandie, l’inspecteur Sérénac se retrouve embarqué dans une histoire où faux semblants et mensonges cohabitent.

3 femmes semblent mener la danse et être étroitement liées : une gamine de 11 ans, douée pour la peinture, l’institutrice, victime de sa beauté, et une vieille femme qui voit tout et entend tout, mais que l’on ne voit pas.

Quand le calme d’un village cache le mal à l’état brut…..

 

Mon avis :

Me revoilà dans l’univers Bussi avec ce roman brillant que j’ai dévoré. J’adore me balader en Normandie, en compagnie de cet auteur, qui connait si bien cette région où moi-même je vis.

Pour tout dire, j’avais même envisagé d’acheter à Giverny mais, vu l’influence de touristes, nous avons préféré acheter dans un petit village avoisinant. Lire Bussi en Normandie, c’est comme si je partais à vélo un samedi matin.

Ce livre est une narration effectuée par la vieille femme qui voit tout, en haut de sa tour, mais que personne ne semble voir. Au petit matin, un corps est découvert, celui de Jérôme Morvan, médecin volage et très sûr de lui. Sur son corps, on trouve une carte postale fêtant l’anniversaire d’un enfant.

L’inspecteur Sérénac est dépêché sur place. Sa tâche se complique quand il croise le chemin de Stéphanie, l’institutrice du village, dont il va tomber instantanément sous le charme, allant jusqu’à donner l’impression de fausser son jugement.

Le problème de Stéphanie est son mari, Jacques, ultra jaloux et possessif. Cela pourrait-il l’avoir poussé au meurtre ???

Dans le même temps, Fanette, jeune fille de 11 ans dont le début de vie ne semble pas facile, fait la connaissance de James, un vieil américain qui va la pousser à exploiter son don inné pour la peinture et lui prodiguer moults conseils, donnant ainsi une bouffée de joie dans la vie de cette petite fille.

L’enquête semble s’orienter sur 3 pistes possibles : les femmes, les tableaux et les enfants. Grâce à Silvio, adjoint méticuleux de Sérénac, l’enquête va progresser doucement mais sûrement et permettre de mettre les policiers sur de bonnes pistes.

L’histoire vous prend aux tripes, elle vous rend addict, elle est méticuleuse et très bien construite.

Jusqu’au bout, il est difficile d’avoir une idée précise de l’envers du décor. Nous suivons le rythme de l’enquête mais sans avoir d’idée précise de la solution, de la vérité.

Comme toujours avec Michel Bussi, nous sommes transportés à son gré, nous voguons d’une hypothèse à une autre, d’une idée à une autre. Nous nous attachons aux personnages, comme Fanette et son ami Paul, tellement amoureux l’un de l’autre à 11 ans. Ou encore Stéphanie, si triste dans cette vie qu’elle ne vit pas finalement, tellement à rêver d’une nouvelle vie qu’elle ne peut que rêver.

Ces portraits de femme, à différents stades de vie, sont fascinants. Chacune a souffert ou souffre, leurs vies ne sont pas ce qu’elles voulaient, mais elles demeurent fortes et sont admirables.

Il est toujours un peu difficile, quand on a adoré un roman, de trouver les mots justes pour vous donner envie de le lire ou de savoir dire le minimum sans spoiler. Michel Bussi n’est plus à présenter tant son talent est reconnu par-delà nos frontières.

Alors je dirai ceci. Nymphéas noirs est un roman policier sur fond d’intrigues, de mensonges et de faux semblants. Rien n’est ce qu’il paraît, comme un jeu de miroirs déformants. Sa lecture vous scotchera sur place. Les personnages de femmes sont sublimes. Les lieux le sont tout autant et il vous faudra atteindre les toutes dernières pages pour connaître la vérité.

Très bonne lecture à vous.

 

Marjorie

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Feuillets de cuivre

Fabien Clavel

Fabien Clavel

L’histoire :

Paris 1872. Le cadavre d’une femme, atrocement mutilé, est trouvé dans les rues de Paris. Le premier d’une longue série. Ragon, policier obèse à l’intelligence développée par la lecture intensive, se met en chasse du meurtrier.

Il va falloir toute l’intelligence et l’obstination de Ragon pour découvrir le fin mot de cette histoire.

 

Mon avis :

Ce livre est vraiment très particulier comme genre : du steampunk. Ce courant littéraire, dont on dit qu’il a pris naissance dans les années 80, caractérise un genre de livre dont l’histoire se passe à l’époque victorienne et où se mêlent des éléments futuristes.

On y mêle l’histoire réelle avec des idées futuristes.

Dans ce roman, l’histoire débute par notre rencontre avec le héros de ce livre, Ragon.

Policier obèse qui va s’éprendre d’une prostituée, qu’il épousera, Ragon compense son physique par une intelligence très développée par la lecture. Dévoreur de roman, Ragon est capable de résoudre ses enquêtes grâces aux livres.

Après avoir résolu sa première enquête, Ragon va se retrouver entraîner dans une course contre la montre décidée par un esprit dérangé et malade.

Je n’avais jamais lu ce genre de romans et j’avoue avoir été emballée. J’aime beaucoup l’idée de mélanger faits historiques et imaginaire déluré.

Le personnage de Ragon est tout à fait exceptionnel et très attachant. Cet homme, dont l’esprit va disparaître en même temps que son épouse chérie, n’aura de cesse de mettre à bas les tueurs et manipulateurs en tout genre.

La plume de l’auteur est très belle à lire et soutenue, ce qui n’est pas trop étonnant quand on sait que Fabien Clavel fut enseignant en français jusqu’en 2011. Son imagination sans borne se ressent dans son écrit.

J’ai très envie de découvrir le reste de son œuvre, tant ma lecture de Feuillets de Cuivre a marqué mon esprit.

J’ai eu l’impression de me retrouve dans le monde de Vidocq, quand il part à la recherche d’un tueur qui extraie l’essence de vierges pour la transformer en élixir de vie éternelle, dans le Paris du 18/19ème siècle.

Feuillets de cuivre fut une belle découverte (merkiiii mon groupe de lecture pour ça) que je conseille à tout le monde car, à mon sens, tout type de public pourra l’aimer.

Marjorie

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Meurtres pour rédemption

Karine Giebel

Karine Giebel

L’histoire :

 

Elle est jeune, très jeune. Elle s’appelle Marianne. Pour la justice, elle est un danger public. Elle sera enfermée, à vie. Réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sureté de 22 ans. La fin d’une vie quand on a 17 ans.

Son crime ? 2 morts et une femme enceinte paraplégique à vie. Elle a tué, de sang froid, sans état d’âme.

Sa vie va maintenant se résumer à une éternité en prison. Jusqu’au jour où elle reçoit une proposition surprenante : un meurtre contre la liberté.

Un meurtre pour sa rédemption….

 

Mon avis :

 

Deux Karine Giebel à la suite, une forme de suicide de l’espoir et de la bonne humeur… Mais je suis accro, c’est horrible.

Celui-là me faisait de l’œil depuis longtemps. C’est un gros pavé à ingurgiter, dont on ne sort pas indemne d’une telle lecture.

L’histoire débute avec Marianne de Gréville, une jeune femme de bientôt 21 ans, en prison depuis 4 ans pour 2 meurtres de sang froid et avoir blessé une policière au point de la mettre dans un fauteuil roulant alors qu’elle était enceinte.

Pour ça, elle est condamnée à perpétuité avec une peine de sureté de 22 ans. En langage clair, cela signifie qu’elle passera au minimum 22 ans derrière les barreaux, sans être sûr qu’elle puisse sortir après.

En prison, elle tuera une détenue et enverra à l’hôpital une matonne…. Elle n’est pas une enfant de cœur.

Pendant les 200 premières pages environ, nous allons la suivre dans sa vie quotidienne en isolement dans la prison qui la reçoit. Etant accro à l’héro et aux clopes, elle se « prostitue » avec le gradé pour avoir ses doses…

Il faudra attendra un bon quart du roman pour entrer dans le vif du sujet. Un beau jour, Marianne a un parloir et se retrouve face à 3 hommes qui lui proposent un contrat très particulier.

En échange d’un dernier meurtre, elle sera libre. Ils la feront évader. Sur le coup, elle n’en croit rien mais sa situation, allant de mal en pis, sa seule possibilité reste d’accepter.

Elle ne va penser qu’à sa liberté future et à l’occasion qui lui sera donnée d’en profiter. Mais pourra-t-elle aller jusqu’au bout ? Sa rédemption doit-elle passer par le geste d’ôter une nouvelle fois une vie humaine ?

Je dois avouer que pendant une très grande partie du roman, je considérais Marianne comme une vraie tête à claque. C’est une sale gamine, fille d’une famille riche, qui s’encanaille à 17 ans et va gâcher 3 vies en plus de la sienne. Une partie d’elle regrette mais l’autre partie ne peut s’empêcher de se donner une image de dure pour vivre en prison.

Puis mon regard a évolué face à tant de maturité dans un si petit corps. Elle va donner des leçons d’humanité, elle la tueuse de sang froid, à des coriaces qui pensaient se servir d’elle.

Elle va surprendre le lecteur par son intelligence et sa capacité de compréhension des autres, arrivant à lire ce que les autres pensent cacher. C’est comme ça qu’elle réussira à atteindre ses compagnons au plus profond de leur être.

C’est aussi ce qui la met en danger car, finalement, elle oblige ces personnes à se montrer à nu alors qu’ils font tout pour se cacher. N’est-ce pas le propre de l’Homme de chercher à se montrer sous son meilleur jour après tout ?

Plus on avance dans la lecture et plus le rythme s’intensifiait, nous tenant en haleine dans cette sombre histoire de manipulations et de scandales étouffés ?

Marianne se révèlera être le personnage le plus intelligent et le plus fiable, à sa façon. Mais, comment pourrait-elle vivre avec une conscience aussi chargée ?  Elle comprend qu’elle ne sera jamais libre, même en dehors des murs de sa cellule.

Elle comprend que la liberté, c’est de pouvoir choisir où elle sera, non pas physiquement mais mentalement. C’est de pouvoir choisir ce qu’on fera de sa propre vie. Marianne sera libre, à sa façon, mais ce sera sa plus belle victoire, car elle décidera de sa liberté.

La fin est tout simplement très émouvante et magnifique, dérangeante aussi mais pour d’autres raisons. Je suis sortie de là très retournée et j’avoue que, depuis, je n’ai pas réussi à lire autre chose que du léger…

Âme sensible s’abstenir.

Très bonne lecture à tous.

Marjorie

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Un avion sans elle

Michel Bussi

Michel Bussi

L’histoire :

 

23 décembre 1980, un avion venant d’Istanbul, se crashe dans le Jura. 169 passagers, une seule survivante : un bébé de 3 mois. Impossible de l’identifier. Deux familles se la disputent. La justice doit trancher.

 

18 ans plus tard, le bébé a grandi et va fêter son anniversaire. Son identité est au cœur de ses interrogations. Qui est-elle ? Emilie Vitral ou Lyse-Rose de Carville ?

 

Peut-être que Crédule Grand Duc, détective privé, pourra y répondre. Ca fait 18 ans qu’il enquête jusqu’au jour où la vérité éclate enfin…comme sa tête.

 

Il faudra toute l’intelligence de Marc, le frère d’Emilie, pour démêler tout ça.

 

 

Mon avis :

 

Ce livre est mon troisième essai dans l’univers Bussi, après Le temps est assassin et Maman a tort.

 

Le premier m’avait enchanté, mais pas trop le second. Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre, les avis d’autres lecteurs étant tranchés.

 

J’ai commencé ce livre vendredi matin et je viens de le finir. Je crois que ça donne une idée de mon avis. Ce livre est une tuerie.

 

L’histoire débute avec le crash spectaculaire d’un avion en partance de Turquie, qui va finir sa course dans le jura. 169 passagers, un seul survivant, un petit bébé de 3 mois. Nous sommes en 1980. Les possibilités de pouvoir découvrir son identité sont limités par rapport à notre époque actuelle. Il n’existait pas les tests ADN.

 

Or, deux familles vont se disputer le bébé, chacune clamant que ce bébé est leur petite fille. La justice doit s’en mêler et décrète qu’il s’agit d’Emilie Virtal.

 

18 ans plus tard, Emilie va se mettre en quête de son identité, après la réception d’un cahier rédigé par Crédule Grand Duc, détective privé qui enquête sur cette histoire depuis 18 ans. Elle donne ce cahier à Marc, qui va se mettre en quête de la vérité.

 

Dès les premières pages, je me suis prise de passion pour ce livre et pour cette histoire. Elle est machiavélique et torturée. A chaque chapitre, nous avons l’impression de tout comprendre, de savoir qui est Emilie, mais on se rend vite compte que tel n’est pas le cas.

 

Michel Bussi a tissé une toile complexe autour des personnages et l’histoire, qui est morcelée en chapitres mélangés dans le temps, ne trouve son dénouement que dans les toutes dernières pages. Il va donc falloir être patient pour tout savoir.

 

Nous suivons plusieurs histoires en même temps : la lecture du cahier de Crédule, ce que fait Emilie pendant que Marc lit, les découvertes de Marc et les vies des grands-mères.

 

Cette alternance de personnages et de période fait durer le plaisir et le suspens. Ce livre est addictif et prenant. Le talent de Michel Bussi n’est plus à démontrer et ce roman en est une preuve supplémentaire.

 

Un avion sans elle est un thriller psychologique à dévorer sans modération qui vous rendra addict à Michel Bussi.

 

Marjorie

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1929 jours

Nicolas Mingasson

Nicolas Mingasson

Avant de commencer ma chronique, je tiens vivement à remercier Babelio, l'opération Masse Critique ainsi que les éditions LES BELLES LETTRES pour l'envoi de ce livre, que j'ai eu énormément de plaisir à lire.

 

L'histoire:

 

Ils s'appelaient Clément, Loïc, Pierre-Olivier, Sébastien, Thibault....

Ils venaient de toute la France, étaient de tous les âges et de tous les milieux sociaux.

Ils avaient une famille: un père, une mère, des frères, des sœurs, une femme, une compagne, des enfants.

Ils avaient deux points communs: ils étaient soldats et sont "morts pour la France".

Ils étaient 90.

 

Mon avis:

 

Je dois vous prévenir, vous lecteurs qui vous arrêtez sur cette chronique, que la lecture de ce livre est difficile et émouvante. Je n'en suis pas sortie indemne, moi-même, mais je me suis accrochée.

 

Il aura fallu 2 ans à Nicolas Mingasson pour écrire ce livre, deux années de recherches, d'entretiens. Deux années compilées en milliers de notes, de mots échangés, de journées passées lourdes en émotion.

 

Il aura fallu à Nicolas Mingasson beaucoup de courage, de self contrôle et de retenue pour mener à bien sa mission. Mais qu'elle était-elle au juste?

 

Écrire un livre sur le deuil? Écrire un livre sur la mort de soldats? Non, c'est plus que cela. C'est écrire un livre où, enfin, vont avoir la parole ceux que l'on n'entend pas.

 

Les familles, que ce soit les parents ou les épouses, les compagnons d'armes, les autres militaires, les supérieurs. Tous ces gens que l'on écoute jamais.

 

Ce livre est un témoignage, un hommage à toutes ces personnes qui ont vu leur vie chamboulée quand ils ont aperçu les militaires sur le pas de leur porte un beau matin.

 

La vie et la mort sont étroitement liées. Devenir soldat, c'est accepter cet état de fait, que la mort peut frapper à n'importe quel moment. Mais nous croisons la mort tous les jours. Seulement, cela nous saute moins aux yeux.

 

L'auteur a choisi de diviser son livre en étape: l'annonce de l'engagement puis celle du départ, la transition pour les soldats entre la France et l'Afghanistan, l'annonce de la mort, le retour des corps avec la cérémonie puis le travail de deuil qui suit.

 

Nous suivons ainsi l'évolution de ces familles.

 

Quel que soit le témoignage, le sentiment général est le même, dans une très grande majorité. Ce sont toujours les mêmes questions: pourquoi lui? Pourquoi s'est-il engagé? Pourquoi ce pays?

 

Je peux les comprendre, étant moi-même d'une famille de militaires. J'ai vu partir mon cousin pendant de longs mois dans son sous-marin. Mon parrain et ma marraine ont été en poste dans des pays en conflit pendant longtemps. Nous vivions aussi avec ce risque.

 

J'ose le dire mais sans critique, juste sous la forme d'un constat. Les gens qui ne le vivent pas ne peuvent pas comprendre ce que c'est.

 

Ce que j'ai apprécié dans ce livre, c'est de voir la parole donnée aux soldats également, à ces compagnons d'armes qui, non seulement doivent aussi faire leur deuil de leur ami, mais également vivre avec le sentiment de culpabilité du survivant.

 

Ils en parlent en toute franchise et j'imagine sans peine toutes les paroles non retranscrites par l'auteur, sûrement de peur que cela ne choque l'opinion publique. Mais ils ont pu en parler. Enfin on leur donnait la parole car, après avoir vu leur ami tomber, avoir porté leur corps pour ne pas le laisser sur place et n'avoir pas eu le temps d'encaisser la vérité, ils repartaient le lendemain sur une nouvelle mission.

 

J'imagine sans peine le calvaire psychologique subi par ces hommes et oui, je suis d'accord avec eux, l'armée présente beaucoup de lacunes sur l'aspect soutien psychologique aux soldats.

 

Nous pouvons également lire le témoignage de ces soldats survivants qui, sans tabou, racontent et nous font part de leur vie de maintenant, de cette déchéance morale et de cette lutte pour la survie.

 

La parole a été aussi donnée au personnel médical, qui doit se charger de la pénible tâche d'habiller les morts et de souvent tenter de leur redonner un semblant de visage. Eux, personne ne les écoute, ils ne peuvent pas s'épancher. Tout comme les hauts gradés, que l'on peut écouter enfin.

 

Voilà toute l'importance de ce livre. Il est donné la parole à ceux qui ne parlent pas, à ceux que l'on entend jamais. Car avant d'être un soldat, ces hommes étaient juste des hommes, des civils, comme si l'appartenance à l'armée faisait disparaître ce côté d'eux mais c'est ce qui les caractérise.

 

Avant d'être soldat, ils sont hommes.

 

1929 jours n'est pas un livre de deuil et d'acceptation. Il est un témoignage pour les gens, pour les générations futures, pour que l'on comprenne ce qui s'est passé et éviter de refaire les mêmes erreurs. C'est aussi une façon de nous dire de ne pas oublier.

 

J'ai longuement réfléchi à ce que j'ai lu et à ce que j'allais écrire. J'ai pris des notes, j'ai mis par écrit ce qui me traversait la tête pendant la lecture, tous ces sentiments ressentis.

 

Je souhaite éviter de rentrer dans le débat stérile qui pourrait découler tout naturellement de cette lecture, sur la présence de la France dans ces pays en guerre, de cette guerre qui semble tellement inutile pour beaucoup de monde et sur ces conséquences désastreuses.

 

J'évite délibérément de donner un avis sur ceci. Chacun a son avis là-dessus. J'ai souhaité ne parler que du contenu, des familles, des témoignages et de mon ressenti.

 

1929 jours doit être lu avec respect. Respect pour ces familles qui nous ouvrent leur cœur, respect pour ces hommes et femmes qui racontent ce qu'ils ressentent et vivent maintenant.

 

Il s'insère dans le devoir de mémoire que tout français devrait aider à perpétuer car, sans cela, on pourra vraiment dire qu'ils seront morts pour rien.

 

Si nous n'arrivons pas à apprendre du passé, alors ils seront morts en vain et cela n'est pas acceptable.

 

Marjorie

 

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De raphia et de soie

Benoît Couzi

Benoît Couzi

L’histoire :

 

Paul a tout pour lui. Une société qui fonctionne, une épouse aimante, une très belle maison. Une belle vie en somme. Que demander de plus ?

 

Jusqu’au jour où son fidèle bras droit le quitte du jour au lendemain sans raison particulière. Alors qu’il tente de remonter la pente, sûr de lui et de son succès, Paul voit son monde s’écrouler.

 

Entre des malfaçons, des contrats non honorés, Paul commence à se rendre compte que rien ne va plus. Ses amis lui tournent le dos, plus personne ne le soutient.

 

Du sommet, la chute est brutale.

 

Mon avis :

 

J’ai eu la surprise d’être contactée directement sur mon blog par l’auteur pour me proposer de recevoir son livre pour le chroniquer.

 

J’ai accepté avec grand plaisir et j’ai entamé la lecture de ce livre. Je me répète mais, tout le monde le sait, j’aime lire les auteurs dont les noms ne défrayent pas la chronique (oui oui suis pas fan de Musso et compagnie).

 

Je remercie chaleureusement Monsieur Benoît Couzi de m’avoir donné la possibilité de découvrir son roman, que j’ai lu en quelques heures. J’apporte ma petite contribution à l’édifice de votre évolution littéraire, je le souhaite en tout cas.

 

En peu de mots : j’ai a-do-ré….

 

Nous débutons l’histoire avec Paul, chef d’entreprise très fier de sa réussite, sûr de lui et de ses capacités, qui va se retrouver du jour au lendemain sans associé, ce même homme en qui il avait placé toute sa confiance.

 

Pensant pouvoir très vite remédier à cette situation, Paul va tomber de haut et enchaîner les déconvenues, jusqu’à arriver au plus bas.

 

On dit toujours que, quand on est au plus bas, on ne peut que remonter. Mais faut-il encore qu’on laisse la possibilité de remonter.

 

Le sort va s’acharner sur Paul, comme voulant le punir. Mais de quoi ? D’avoir trop réussi ? D’avoir tout ce qu’il veut ?

 

Plus Paul tente de s’en sortir et plus il s’écroule.

 

Ce roman est une réussite et très bien écrit. La plume de l’auteur est très agréable à lire et légère. Les descriptions, tant du paysage que des situations, sont bien placées et sans trop de lourdeur. Le style d’écriture est élevé.

 

Les personnages sont très humains, sans fioriture ni excès. On peut s’identifier à eux, leur donnant d’autant plus de crédit et de réalité.

 

Ce roman est la descente aux enfers d’un homme contre qui le destin va se liguer, manipulé sans s’en rendre compte par une force, au final bien supérieure à lui.

 

L’intrigue est comme une toile d’araignée, savamment tissée autour des personnages. On se pose des questions, on suppute des hypothèses mais la vérité finale est toute autre.

 

La quête de la vérité ultime nous pousse à avancer la lecture pour enfin comprendre la vérité.

 

Il y a beaucoup d’imagination dans ce roman, qui mérite d’être lu par le plus grand nombre.

 

De raphia et de soie est un très bon roman français, au suspens présent, une très bonne analyse de la psychologie humaine et au rythme soutenu.

 

Je vous encourage vivement  à le lire.

 

Très bonne lecture à vous tous les accros

 

Marjorie

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Martyrs - livre 1

Oliver Peru

Oliver Peru

L’histoire :

 

Royaume de Palerkan. Deux hommes, deux frères, deux arserkers, deux tueurs issus d’un peuple légendaire : Irmine et Helbrand.

 

Cachés des hommes qui ont détruit leur peuple, ils vivent de contrats mais ont leurs principes. Jusqu’au jour où ils découvrent qu’un plan semble avoir été conçu pour eux par un Arserker borgne.

 

Qui est-il et pourquoi semble-t-il savoir à l’avance ce que les frères vont faire ?

 

La lutte à venir s’annonce difficile et sanguinaire.

 

Leur martyre ne fait que commencer.

 

Mon avis :

 

Seconde incursion dans le monde d’Oliver Peru découvert, je vous le rappelle, avec Druides, livre magnifique très bien conseillé par coupine (oui oui tu te reconnais et je vois d’ici ton sourire en lisant cette ligne !!).

 

J’avais été très emballée à la lecture de Druides. La plume de l’auteur est magnifique et son écrit était une pure réussite.

 

Avec Martyrs, son génie est confirmé, tant ce premier livre est aussi une réussite.

 

Ce premier volume est épais mais il se lit avec une facilité déconcertante. Nous sommes pris dans l’histoire qui ne connait aucun temps mort ou passage ennuyeux.

 

Chaque description a sa place et son importance. Chaque personnage a son rôle et intervient au moment adéquat.

 

L’histoire débute en présence des frères tueurs, des célèbres Arserkers dont on dit qu’ils vivent très longtemps et que leurs yeux d’or leur permettent de tout voir.

 

La mort est leur métier et leurs armes sont de fidèles épouses… Mais comme souvent, les hommes simples ne supportent pas l’idée d’être supplantés. Alors les Arserkers furent mis à mort et décimés. Irmine et Helbrand se cachent pour être tranquilles mais un borgne semble avoir d’autres projets pour eux.

 

Dès le début, j’ai été emballée, j’avais envie de tout savoir d’eux. Imaginer ces hommes aux yeux d’or, leur vie, leurs talents, m’a fait dévorer les pages. Et puis, je me suis attachée aux personnages des frères, ils sont très touchants… pour des assassins.

 

Plus j’avançais et plus je voulais savoir. Certains passages sont plutôt crus, des scènes de torture m’ont un peu fait lever les yeux au ciel mais dans l’ensemble, je suis plus qu’emballée, d’autant que la fin m’a laissée sur ma faim….

 

On ne peut qu’être émerveillé devant ce roman, tant le style d’Oliver Peru, son goût du détail et son imagination sont impressionnants. A aucun moment, malgré tous les personnages en présence, je n’ai ressenti une incohérence.

 

Martyrs me fait un peu penser à GOT d’ailleurs. C’est un jeu de trône mais qui gagnera ????

 

Olivier Peru a vraiment beaucoup de talent et, maintenant, il ne me reste qu’à continuer ma lecture avec le livre 2.

 

Maryrs conviendra aux fans de fantasy teinté d’un peu d’histoire d’amour et qui aiment les longues histoires chargées de rebondissements.

 

Très bonne lecture

 

Marjorie

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