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Articles avec #temoignage catégorie

La maison hantée de Sallie

Debra Pickman

Debra Pickman

L’histoire :

 

Quand, en 1992, les Pickman emménagent dans une maison afin de pouvoir s’installer confortablement avant l’arrivée de leur premier enfant, ils n’imaginaient surement pas que, à peine un an plus tard, ils partiraient en catastrophe de chez eux.

Dans cette maison, ils vont vivre des mois difficiles, aux prises avec ce qu’ils pensent être le fantôme d’une petite fille appelée Sallie.

Leur maison sera le centre de l’attention de chasseurs d’esprits, leur histoire fera le tour des Etats-Unis.

Des années plus tard, Debra Pickman décide de mettre sur papier leur histoire.

C’est comme ça que naîtra ce roman

 

Mon avis :

Ce livre a pour thème une histoire vraie. Vous pouvez chercher sur internet, fureter sur les sites spécialisés. Les Pickman existent et ils ont véçu une sorte d’Amityville en moins sanglant. Les mois passés dans cette maison pendant l’année 93/94 ont marqué toute leur famille et leurs amis proches.

Ce livre est aussi bien une forme de thérapie pour l’auteure qu’un témoignage pour les personnes victimes, comme eux, de ce genre de phénomènes. Bien entendu, certains de ceux qui ont lu ce livre trouveront que ce ne sont que des inventions, des mensonges proférés par les Pickman.

Force est tout de même de constater que les preuves sont là. Après la lecture de ce livre, je suis allée fureter histoire de voir ce que je trouvais. Je vous invite à aller visiter le site officiel des Pickman (http://thesalliehouse.com) et de naviguer dessus.

Je suis également tombée sur un très bon site internet relatant l’histoire des Pickman, y incluant des photos prises montrant, entre autre, les griffures apparues sur le dos de Tony (http://www.mindshadow.fr/maison-hantee-sallie).

L’histoire est effrayante et je suis choquée de voir ce qu’ils ont subi, surtout Tony. Il a été la personne la plus touchée par ces apparitions au court de ces mois passés dans la maison. Il a subi les apparitions physiques, à la différence de Debra, qui ne « subissait » que le côté plaisant de cette histoire (selon ses propres termes).

Quand Debra pensait converser avec une fille de 5 ans, Tony se faisait attaquer par ce qui semble être une femme plus âgée, dont la présence le perturbait au plus haut point.

Il en est même venu à douter de sa santé mentale. Debra Pickman le reconnait elle-même plusieurs fois dans son roman. Elle n’a pas été assez présente et compréhensive avec son mari. D’ailleurs, elle le dit à un moment, selon une tournure qui m’a dérangé, en précisant que quand les apparitions/phénomènes subis par Tony avaient lieu qu’avec lui, sans qu’elle en soit témoin, elle avait du mal à le croire ».

De plus, et je l’ai lu à plusieurs reprises, la présence de Tony est beaucoup trop minimisée. Il a été la victime numéro 1, celui qui dès le début a senti le négatif de cette histoire, celui qui a souffert physiquement, mais son témoignage est quasiment inexistant.

1 page lui est consacrée et c’est tout. C’est ce que je reproche à ce livre. Il ne nous est exposé que le point de vue de Debra, qui est sensiblement différent de celui de Tony. Je trouve cela dommage car ça apporte un décalage entre les dires des époux.

Debra Pickman a longtemps tenté de minimiser ce que son mari voyait ou vivait. Il a fallu qu’elle se rende compte à quel point il était en danger pour enfin accepter de déménager. Mais même après, loin de la maison, Tony en a été changé, au plus profond de son âme.

Ceux qui me connaissent savent à quel point je crois en tout ceci, aux maisons hantées et aux esprits. Ce livre m’a beaucoup parlé et je trouve que c’est une très bonne idée de l’avoir écrit. Même si beaucoup de sceptiques vont se moquer en lisant ça (je vis même avec l’un d’entre eux….), j’assume ce que je pense et mes croyances.

N’hésitez pas à le lire pour vous faire votre propre opinion sur la question.

Mensonge ou réalité ?

 

Marjorie

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Elles, les prostituées et nous

Sophie BOUILLON

Sophie BOUILLON

Avant toute chose, je remercie vivement Babelio, l’opération Masse Critique et les éditions Premier Parallèle pour m’avoir donné la chance de découvrir ce livre de Sophie Bouillon. Cette lecture fut à la fois troublante et magnifique.

*          *

*

Elles s’appellent Camilla, Kristina, Precious, Laurence ou encore Rosen.

 

Elles viennent de tout milieu, sont de tout âge. Elles ont un point commun : ce sont des prostituées. Elles vendent leur corps, que ce soit voulu ou non, pour vivre.

 

Sophie Bouillon a décidé d’enquêter sur celles qui sont mises au ban de la société. Elle est allée les écouter lui parler de leur vie, des clients et de ce qui fait leur quotidien.

 

Elle les a présentées, telles qu’elles sont, à l’état brut sans fioriture. Elles lui ont parlé mais sans ouvrir à fond leur cœur, elles ne le peuvent pas. Elles sont blindées pour tenir le coup.

 

Sophie Bouillon les a écoutées sans les juger, une oreille attentive là où elles n’en trouvent jamais. J’ai été atterrée par certaines réactions même si, au fond de moi, je n’étais pas si surprise que ça. L’image qu’elles donnent n’a jamais changé. Une femme qui se fait payer, quelle que soit la raison, ne mérite pas le respect.

 

Mais pourquoi donc ? Pourquoi une femme qui doit se vendre pour vivre, survivre même, ne mérite-t-elle pas le respect ? La société n’évolue pas, les mentalités sont figées dans ce carcan bourgeois du quand dira-t-on et de l’image.

 

J’ai été fascinée par le combat de Laurence, qui a voulu que Sophie Bouillon mentionne son nom et qui se bat maintenant pour la pénalisation à l’encontre des clients. Cette femme a raconté sa vie, qui ne peut qu’émouvoir, et le combat qu’elle mène pour que l’on punisse les clients.

 

Sans vouloir entrer dans un débat politique ou social, je suis d’accord avec l’idée de pénaliser les clients, mais j’ai bien peur que ça ne soit pas suffisant.

 

Il y aura toujours des clients car il y aura toujours de la prostitution, et vice versa. Il y aura toujours, dans les pays les plus pauvres, une « clientèle » de jeune femmes qui voudront fuir la misère de leur pays et se retrouveront enchaînées à un mac qui les obligera à se prostituer pour, soit disant, rembourser une dette qui ne sera jamais remboursée.

 

Mais je me dis que c’est déjà un début. Car oui, il est injuste de ne punir que la prostituée et pas le client. S’en tirer avec une bonne tape sur les doigts était inadmissible. Maintenant, ils veulent agir… J’attends de voir.

 

Mais la mentalité : va-t-elle changer ? Doit-on leur tourner le dos parce qu’elles font ce qu’elles font ? Cela, à mon sens, ne fait que creuser encore un peu plus le fossé qui les sépare de nous. Le fait qu’elles soient en ban de la société aggrave leur situation.

 

Alors oui, certaines le font pour le plaisir, si tant est que l’on puisse nommer cela ainsi. Devenir escort girl semble avoir un attrait non négligeable sur certaines jeunes filles (comme Camilla), mais, au final, le but reste le même. Elles vendent leur corps de la même façon.

 

Le fait de les rencontrer et de les exposer permet de les humaniser mais aussi, de montrer la face cachée de leur vie. Quand Sophie Bouillon décrit les bordels où elle est allée, on est loin du glam imaginé par certaines jeunes filles.

 

J’ai réfléchi longtemps à comment j’allais tourner ma chronique. J’ai lu ce livre en deux heures il y a plus d’une semaine mais j’ai mis du temps avant d’écrire. Je ne voulais pas tomber dans le commentaire banal. Je voulais exprimer la palette d’émotions ressentie à sa lecture et j’espère y arriver.

 

Ce livre ne laisse pas indemne, dans le sens où personne ne peut rester sans s’émouvoir à sa lecture. Certaines de ses filles sont plus jeunes que moi et je me dis que j’ai eu beaucoup de chance de naître comme je suis née. Cela peut faire présomptueux mais ce fut l’une de mes pensées.

 

J’ai eu aussi beaucoup de peine pour ces femmes, mais aussi de l’admiration. J’ai admiré le courage de celles qui ont réussi à quitter le milieu et qui osent parler.

 

Elles, les prostituées et nous est un livre coup de poing à la justesse magistrale qui nous présente ces femmes qui, chaque jour, payent de leur personne, pour des raisons qui leur sont propres et subissent le manque de respect d’une société qui a préféré les bannir plutôt que de chercher à les comprendre et trouver des solutions.

 

Que ce soit par choix ou de force, ces femmes ne sont pas que des objets, ni des trous, que l’on peut traiter comme un sac plastique sous prétexte qu’on les paye. Elles sont des personnes de chair et de sang, des êtres humains. Elles sont la sœur, la mère, la femme, la fille de quelqu’un. Il ne faut pas l’oublier. Elles ont le droit au respect dû à chaque être humain…

 

Elles, les prostituées et nous est une prise de conscience.

 

Marjorie

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Cet été là

Lee Martin

Lee Martin

L'histoire:

 

5 juillet, dans une petite ville américaine. Katie, 9 ans, va rendre des livres à la bibliothèque en début de soirée. Elle ne reviendra jamais. Que s'est-il passé? A-t-elle fait une mauvaise rencontre?

 

30 ans plus tard, certains des protagonistes de l'histoire racontent ce qui s'est passé.

 

C'est ainsi que l'on va retrouver Gilley, le frère de Katie, la femme du suspect n°1 ou encore, un prof de math, vieux garçon au penchant pas très net.

 

 

Mon avis:

 

Avant toute chose, je remercie chaleureusement Babelio, l'opération Masse Critique Privilégiée et les éditions Sonatine pour m'avoir donné la chance de découvrir juste à sa sortie ce livre de Lee Martin.

 

Ce thriller psychologique est une merveille et l'idée de faire raconter une partie de l'histoire  par la bouche même de certains protagonistes est tout simplement judicieuse.

 

Cela donne un caractère authentique à l'histoire, qui est ainsi vue sous plusieurs angles et sur deux périodes: au moment des faits et 30 ans plus tard, ce qui permet à certains témoins de voir les choses sous un autre angle.

 

Je pense, par exemple, à Gilley, le frère de Katie qui, maintenant qu'il est père, peut mieux comprendre ses propres parents et leurs réactions au moment des faits.

 

J'ai d'ailleurs été très émue par ce personnage, ce jeune homme qui se sent un peu différent et qui verra sa vie basculer, comme celle de sa famille.

 

L'histoire débute par un beau jour de juillet, dans une petite ville typique des Etats-Unis, dans les années 70. Une famille aisée, admirée par toute la ville, dans laquelle grandit avec insouciance Katie, 9 ans.

 

Pour "se venger" d'une bêtise, Gilley vend sa soeur qui a oublié de rendre des livres. Furieuse, elle décide de partir aussitôt les rendre.

 

Elle ne reviendra jamais.

 

Son frère et son père partent à sa recherche mais ils ne retrouveront que son vélo, sur un trottoir, la chaine déraillée.

 

Où est-elle? Alors que tout le monde se connait, comment cette petite fille a pu disparaitre ainsi, sans que personne ne voit rien?

 

Lee Martin nous livre un thriller époustouflant, qui nous tient en haleine jusqu'à son dénouement, une analyse sans fard de vies banales et nullement parfaites de personnes ordinaires, qui se retrouvent embarquées dans une histoire qu'ils ne contrôlent pas.

 

Que ce soit Monsieur Dees, qui lutte chaque jour pour son "amour" contre nature éprouvé pour ses petits élèves, lui qui imagine en eux l'enfant qu'il n'a jamais eu. Ou encore Ray, qui noie dans ses penchants destructeurs cette vie rêvée qu'il n'aura jamais.

 

Je pense aussi à Gilley, ce jeune homme devenu adulte trop tôt, qui doit se construire avec le fantôme de sa soeur et vivre avec cette culpabilité qui le ronge.

 

Ces personnages, qui épanchent leur conscience 30 ans plus tard, sont attachants et parlent sans faux semblant.

 

L'histoire est addictive mais sombre. Les propos peuvent mettre mal à l'aise parfois. On ressent toute une palette d'émotions pendant la lecture mais c'est aussi ce qui rend ce livre si vrai, si authentique.

 

Lee Martin a réussi l'écriture d'un thriller américain digne des plus grands, digne d'un grand Mystic River, contemporain de l'immense et talentueux Dennis Lehane.

 

Je vous conseille vivement cette lecture qui va apporter, j'en suis persuadée, beaucoup de succès à l'auteur, succès qui est plus que mérité.

 

Très bonne lecture dans les arcanes de l'âme humaine.

 

Marjorie

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VERA KAPLAN

Laurent Sagalovitsch

Laurent Sagalovitsch

L'histoire :

 

A Tel Aviv, un homme apprend par courrier le suicide de sa grand-mère, Véra Kaplan, dont il ignorait l'existence. La lettre venue d'Allemagne, est accompagnée de l'ultime témoignage de la défunte, et d'un terrifiant manuscrit : son journal de guerre, celui d'une jeune juive berlinoise qui, d'abord pour sauver ses parents puis simplement pour rester en vie, en est venue à commettre l'impensable, dénoncer d'autres juifs, par centaines. Dans ce récit sans complaisance, librement inspiré du destin véritable de Stella Goldschlag, Laurent Sagalovitsch dresse le portrait d'une victime monstrueuse dévoré par une pulsion de vie inhumaine.

 

Mon avis : Ce roman embarrasse, sa lecture est difficile, mais surtout je n'ai pas voulu juger.

 

Une lettre d'un notaire arrivée d'Allemagne en 1995, à la recherche de l'héritière de Véra Kaplan et un homme se découvre une grand-mère juive allemande, ce qui n'a rien d'extraordinaire pour lui dont la mère est née à Berlin en 1945. 

 

Alors le passé refait surface avec une violence inouïe. Dans les papiers fournis par le notaire, le testament de Véra adressé à sa fille, le journal d'une jeune juive à Berlin pendant les années terribles de la nomination d'Adolf Hitler au poste de Chancelier à la défaite du IIIe Reich.

 

Cette jeune fille Véra Kaplan qui voulait survivre et seulement sauver ses proches, prise dans la tourmente devient "agent de la Gestapo" et dévoile les adresses cachées de familles juives.

 

Le journal de Vera devenue à la fois délatrice et putain au service de la Gestapo, de cette alliance avec le diable est effrayant à lire.

 

Au fur et à mesure de l'avancée de la guerre, elle doit prouver son utilité, servir la mort et ses bourreaux pour lui échapper. Berlin devient une prison pour elle. Ce récit est marqué par la violence des actes, des non-dits et de la grande lâcheté des hommes.

 

A la fin de la guerre Véra Kaplan accouche d'une petite fille en prison, la justice va la lui enlever.

 

C'est un roman sur la transmission, les dégâts que causent les grands secrets, le poids qui se transmet de générations en générations. Ce livre est très très difficile à lire, car il touche à l'impensable. Et je comprends que cette lecture puisse mettre mal à l'aise des lecteurs.

 

La préface du livre est très intéressante :

"Qu'un peuple aussi débonnaire ait pu devenir ce peuple de chiens enragés, voilà un sujet inépuisable de perplexité et de stupéfaction. On nous reprochera de comparer ces malfaiteurs à des chiens ? Je l'avoue en effet : la comparaison est injurieuse pour les chiens. Des chiens n'auraient pas inventé les fours crématoires, ni pensé à faire des piqûres de phénol dans le coeur des petits enfants...."

Vladimir Jankélévitch, l'Imprescriptible.

 

Cet paragraphe est à la fin du livre, et je trouve que ce texte est tellement vrai :

"Les destins extraordinaires sont le fait d'époques extraordinaires. Si celui de ma grand-mère l'a été, c'est qu'elle a vécu à une époque extraordinaire. Elle n'a pas agi comme elle l'entendait, mais comme l'époque réclamait qu'elle agisse. Née à une autre époque, à une tout autre époque, son existence se serait écoulée dans la banalité d'une vie normale - mais elle est née à Berlin en 1922. Dès le départ, elle n'avait aucune chance que son histoire se termine bien."

 

Kalou

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1929 jours

Nicolas Mingasson

Nicolas Mingasson

Avant de commencer ma chronique, je tiens vivement à remercier Babelio, l'opération Masse Critique ainsi que les éditions LES BELLES LETTRES pour l'envoi de ce livre, que j'ai eu énormément de plaisir à lire.

 

L'histoire:

 

Ils s'appelaient Clément, Loïc, Pierre-Olivier, Sébastien, Thibault....

Ils venaient de toute la France, étaient de tous les âges et de tous les milieux sociaux.

Ils avaient une famille: un père, une mère, des frères, des sœurs, une femme, une compagne, des enfants.

Ils avaient deux points communs: ils étaient soldats et sont "morts pour la France".

Ils étaient 90.

 

Mon avis:

 

Je dois vous prévenir, vous lecteurs qui vous arrêtez sur cette chronique, que la lecture de ce livre est difficile et émouvante. Je n'en suis pas sortie indemne, moi-même, mais je me suis accrochée.

 

Il aura fallu 2 ans à Nicolas Mingasson pour écrire ce livre, deux années de recherches, d'entretiens. Deux années compilées en milliers de notes, de mots échangés, de journées passées lourdes en émotion.

 

Il aura fallu à Nicolas Mingasson beaucoup de courage, de self contrôle et de retenue pour mener à bien sa mission. Mais qu'elle était-elle au juste?

 

Écrire un livre sur le deuil? Écrire un livre sur la mort de soldats? Non, c'est plus que cela. C'est écrire un livre où, enfin, vont avoir la parole ceux que l'on n'entend pas.

 

Les familles, que ce soit les parents ou les épouses, les compagnons d'armes, les autres militaires, les supérieurs. Tous ces gens que l'on écoute jamais.

 

Ce livre est un témoignage, un hommage à toutes ces personnes qui ont vu leur vie chamboulée quand ils ont aperçu les militaires sur le pas de leur porte un beau matin.

 

La vie et la mort sont étroitement liées. Devenir soldat, c'est accepter cet état de fait, que la mort peut frapper à n'importe quel moment. Mais nous croisons la mort tous les jours. Seulement, cela nous saute moins aux yeux.

 

L'auteur a choisi de diviser son livre en étape: l'annonce de l'engagement puis celle du départ, la transition pour les soldats entre la France et l'Afghanistan, l'annonce de la mort, le retour des corps avec la cérémonie puis le travail de deuil qui suit.

 

Nous suivons ainsi l'évolution de ces familles.

 

Quel que soit le témoignage, le sentiment général est le même, dans une très grande majorité. Ce sont toujours les mêmes questions: pourquoi lui? Pourquoi s'est-il engagé? Pourquoi ce pays?

 

Je peux les comprendre, étant moi-même d'une famille de militaires. J'ai vu partir mon cousin pendant de longs mois dans son sous-marin. Mon parrain et ma marraine ont été en poste dans des pays en conflit pendant longtemps. Nous vivions aussi avec ce risque.

 

J'ose le dire mais sans critique, juste sous la forme d'un constat. Les gens qui ne le vivent pas ne peuvent pas comprendre ce que c'est.

 

Ce que j'ai apprécié dans ce livre, c'est de voir la parole donnée aux soldats également, à ces compagnons d'armes qui, non seulement doivent aussi faire leur deuil de leur ami, mais également vivre avec le sentiment de culpabilité du survivant.

 

Ils en parlent en toute franchise et j'imagine sans peine toutes les paroles non retranscrites par l'auteur, sûrement de peur que cela ne choque l'opinion publique. Mais ils ont pu en parler. Enfin on leur donnait la parole car, après avoir vu leur ami tomber, avoir porté leur corps pour ne pas le laisser sur place et n'avoir pas eu le temps d'encaisser la vérité, ils repartaient le lendemain sur une nouvelle mission.

 

J'imagine sans peine le calvaire psychologique subi par ces hommes et oui, je suis d'accord avec eux, l'armée présente beaucoup de lacunes sur l'aspect soutien psychologique aux soldats.

 

Nous pouvons également lire le témoignage de ces soldats survivants qui, sans tabou, racontent et nous font part de leur vie de maintenant, de cette déchéance morale et de cette lutte pour la survie.

 

La parole a été aussi donnée au personnel médical, qui doit se charger de la pénible tâche d'habiller les morts et de souvent tenter de leur redonner un semblant de visage. Eux, personne ne les écoute, ils ne peuvent pas s'épancher. Tout comme les hauts gradés, que l'on peut écouter enfin.

 

Voilà toute l'importance de ce livre. Il est donné la parole à ceux qui ne parlent pas, à ceux que l'on entend jamais. Car avant d'être un soldat, ces hommes étaient juste des hommes, des civils, comme si l'appartenance à l'armée faisait disparaître ce côté d'eux mais c'est ce qui les caractérise.

 

Avant d'être soldat, ils sont hommes.

 

1929 jours n'est pas un livre de deuil et d'acceptation. Il est un témoignage pour les gens, pour les générations futures, pour que l'on comprenne ce qui s'est passé et éviter de refaire les mêmes erreurs. C'est aussi une façon de nous dire de ne pas oublier.

 

J'ai longuement réfléchi à ce que j'ai lu et à ce que j'allais écrire. J'ai pris des notes, j'ai mis par écrit ce qui me traversait la tête pendant la lecture, tous ces sentiments ressentis.

 

Je souhaite éviter de rentrer dans le débat stérile qui pourrait découler tout naturellement de cette lecture, sur la présence de la France dans ces pays en guerre, de cette guerre qui semble tellement inutile pour beaucoup de monde et sur ces conséquences désastreuses.

 

J'évite délibérément de donner un avis sur ceci. Chacun a son avis là-dessus. J'ai souhaité ne parler que du contenu, des familles, des témoignages et de mon ressenti.

 

1929 jours doit être lu avec respect. Respect pour ces familles qui nous ouvrent leur cœur, respect pour ces hommes et femmes qui racontent ce qu'ils ressentent et vivent maintenant.

 

Il s'insère dans le devoir de mémoire que tout français devrait aider à perpétuer car, sans cela, on pourra vraiment dire qu'ils seront morts pour rien.

 

Si nous n'arrivons pas à apprendre du passé, alors ils seront morts en vain et cela n'est pas acceptable.

 

Marjorie

 

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