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Articles avec #thriller catégorie

Satan était un ange

Karine Giebel

Karine Giebel

L’histoire :

 

Une voiture. Deux hommes. Une autoroute. Aucun but précis.

 

D’un côté, il y a François. Brillant avocat lillois dont la vie va basculer suite à un examen médical. Sur un coup de tête, il prend sa voiture et part. Où ? Il ne le sait pas ?

 

De l’autre côté, il y a Paul. Un jeune paumé que François prendra en stop dans les alentours de Lyon. La vingtaine, énergique et en pleine santé.

 

Ensemble, ces hommes, que tout oppose, vont traverser la France.

 

Dans quel but ? Ils ne le savent pas encore.

 

Un point commun : chacun fuit…. Mais peut-on fuir éternellement ?

 

 

Mon avis :

 

Nouvelle incursion dans l’univers Karine Giebel. A croire que j’adore les livres complément fous de cette romancière de génie. Le titre a attiré mon regard instantanément.

 

L’histoire débute avec François. C’est un avocat lillois réputé, fier de sa vie et d’avoir réussi à fuir ses origines ouvrières pour se hisser dans la bonne société. Un malaise, un examen médical, la sentence tombe. Tumeur au cerveau…

 

Passé le premier choc, second rendez-vous médecin, cette fois-ci avec un spécialiste. Le meilleur…. Seconde sentence : c’est inopérable. Minimum 3 mois, maximum 18 mois…. Voilà ce qui pousse François sur la route, sans but, sans envie, juste un trou béant dans la poitrine.

 

Sa route va croiser celle de Paul, un jeune homme qui fait du stop sur la route. Sans savoir pourquoi il va s’arrêter pour le prendre dans sa voiture.

 

Va alors commencer pour ces deux hommes l’équivalent d’un chemin de croix. Deux personnes, que tout semble opposer, peuvent-elles se ressembler plus qu’elles ne le pensent ?

 

François, la quarantaine, Avocat d’affaires. Paul, la vingtaine, paumé, sans travail fixe.

 

Ce roman est poignant, dès les premières pages. Que ce soit François, qui va se remettre totalement en question suite à cette nouvelle, qui se rend compte que dans moins de deux ans, il sera mort et qu’il ne peut rien faire contre ça. Lui, qui a toujours eu l’impression de contrôler chaque parcelle de sa vie.

 

Que ce soit Paul, et sa nonchalance. Lui qui tente de survivre plutôt que vivre. Lui qui vit sa vie à fond sans rien chercher de plus. Qui trimballe ses propres démons.

 

Très vite, François se rend compte que quelque chose ne va pas avec Paul. Est-ce le verdict médical qui va l’entrainer ainsi ? On peut le penser. Alors que le François d’avant, raisonnable, n’aurait rien fait, le François nouveau va aider Paul et ne jamais le lâcher.

 

Ces deux hommes vont se rapprocher et se découvrir une relation qui profitera aussi bien à l’un qu’à l’autre. Chacun va voir en l’autre ce qu’il y a de bon, mais qu’il ne voyait pas…

 

 

Le talent de Karine Giebel explose au grand jour dans ce « huis clos » saisissant dont la majeure partie de l’action se passe entre nos deux personnages, dans une voiture.

 

Les personnages sont, encore une fois, très humains et chacun de nous peut s’identifier à eux. La relation qui se noue sous nos yeux de lecteur est magique. A leur manière, chacun va grandir et sortir plus fort de ce qui se passe entre eux.

 

Je n’avais pas ressenti autant d’émotions depuis Juste une ombre qui est, pour moi, son meilleur roman. Karine Giebel a vraiment un don, celui de mettre à nu et de porter au firmament l’Homme dans ce qu’il a de plus juste.

 

Petit bonus, je tiens à le signaler… Même si l’on devine un peu la fin, je trouve que, pour une fois, c’est plutôt un happy end…. Youyouyou ça se fête.

 

En résumé, Karine Giebel, que je ne présente plus, réalise ici un thriller saisissant plein de beauté et d’humanité, qui vous saisira aux tripes et titillera votre corde sensible.

 

Très bonne lecture à tous.

 

Marjorie

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Maîtres du jeu

Karine Giebel

Karine Giebel

Deux nouvelles, deux histoires poignantes et tragiques. Du grand Karine Giebel.

 

D’un côté, Post mortem, de l’autre, J’aime votre peur.

 

Il y a Aubin et Morgane, dans un premier temps. Un rendez-vous chez le notaire. Un héritage troublant, une famille en deuil. Morgane, l’actrice, la vedette, reçoit un château en héritage d’un homme qu’elle ne connait pas. La famille est divisée dans sa peine. Qui est-elle pour justifier de recevoir le bien le plus précieux de cet homme, mort trop tôt.

 

Mais il y tient, elle en fera un foyer pour jeunes. Il lui laisse une lettre où il explique tout. Elle doit suivre ses instructions. Qui peut s’opposer aux dernières volontés d’un mort ? Alors elle ira. Alors elle verra. Que trouvera-t-elle au bout de ce voyage ?

 

 

Dans un second temps, il y a Yann et Maxime. Tout les oppose. Yann est flic. Maxime, un tueur en série arrêté par Yann. Après 6 ans à croupir en prison, il s’évade.

 

Il est malade, comme ils disent tous ces hommes en blouse blanche. Son truc à lui, c’est de cibler les couples, de violer et tuer la femme sous les yeux des hommes, qui mourront ensuite. Son truc à lui, c’est de prendre aux autres.

 

Il s’évade et, dans le début de sa cavale sanglante, il laissera un mort et deux blessés graves. Il a besoin de passer les barrages. Quoi de mieux qu’un bus empli d’enfants handicapés pour y arriver.

 

Alors le voilà, en route pour le Vercors, avec 16 enfants comme bouclier. Yann est sur le pied de guerre. Il le sait, Maxime est violent, il n’a peur de rien. Il va lui falloir affronter le pire meurtrier qui ait croisé sa route.

 

Malgré les soins, malgré l’enfermement, Maxime est pire qu’avant. Comment cela va-t-il finir ?

 

Maîtres du jeu contient ces deux nouvelles qui se dévorent plus qu’elles ne se lisent, et marquent les esprits du lecteur. Par ces centaines de pages, Karine Giebel démontre l’entièreté de son talent pour décortiquer l’âme humaine et ses dérives. Vous êtes pris aux tripes.

 

Son imagination est sans limite et son talent indéniable. Ces deux nouvelles sont brillamment écrites et vous emporteront dès les premiers mots. Que ce soit Morgane et sa vie, soit disant sublime d’actrice, qui ne l’est pas tant que ça ou Aubin, acteur à la vie fauchée par un accident et qui partira trop tôt.

 

C’est le point commun à tous les romans de l’auteure. Les personnages sont justes, dans le sens où ils ne sont pas surfaits. Ils sont comme nous (au sens global). Ils ont leurs défauts, leur caractère. Ils sont humains, aussi bien dans tout ce qui est positif que sombre.

 

Cette justesse de l’humain donne du poids à ses livres, faisant d’elle une auteure extrêmement appréciée. Comme toujours, elle nous « balade » jusqu’à la fin, nous faisant croire que nous avons deviné l’épilogue et nous faisant nous réveiller brutalement, tant cette fin est loin de notre réalité.

 

Je le dis souvent, on aime ou on aime pas Karine Giebel, il ne peut y avoir deux poids deux mesures. Et comme toujours, ne pensez pas à un happy end avec elle, vous seriez déçus…

 

Ce recueil de nouvelles est à lire absolument.

 

 

Marjorie

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Ne pleure pas

Mary Kubica

Mary Kubica

L’histoire :

 

Deux histoires.

 

D’un côté, Quinn et Esther sont colocataires à Chicago. Tout se passe bien jusqu’au jour où Esther disparaît mystérieusement. Quinn, désemparée, trouve de nombreux indices qui penchent en la faveur d’une disparition volontaire.

Où est Esther ? Pourquoi a-t-elle disparu ? Quinn se rend compte qu’elle connait peu de choses sur sa colocataire.

 

De l’autre, au bord du lac Michigan, Alex Gallo, jeune homme de 18 ans croise la route d’une jeune femme mystérieuse, qu’il va nommer Pearl. A cet instant, il le sait, elle est celle qu’il attendait depuis toujours, celle qui va lui prendre la main et lui dire que c’est l’heure de partir.

 

A ce moment là, Alex va tout faire pour savoir qui elle est.

 

Quel lien peut-il exister entre ces deux histoires ?

 

Mon avis :

 

Ne pleure pas est l’un de ces livres coup de cœur de l’année 2017, qui semble rencontrer un vif succès auprès des lecteurs. Je ne pouvais pas passer à côté et j’avoue que la couverture plutôt énigmatique a attiré mon attention.

 

Nous suivons deux histoires en même temps. Le duo Quinn/Esther d’un côté et Alex de l’autre. Très vite, on comprend qu’elles sont liées mais il faut du temps pour que le tableau s’esquisse.

 

L’auteure a réussi haut la main le pari de mettre au point une intrigue très pointue et incroyablement ficelée. Elle arrive à nous amener à penser exactement ce qu’elle veut. Les personnages jouent parfaitement leur rôle.

 

Quinn est une jeune femme plutôt immature et qui va vivre une incroyable remise en question avec la disparition d’Esther. De son côté, cette dernière a caché son passé et sa famille, elle semble très lisse, trop même, au point que l’on se demande ce que ça cache.

 

Alex, lui, est très touchant. C’est un jeune homme de 18 ans à la vie difficile. Sa mère est partie quand il avait 5 ans, son père est alcoolique et il doit travailler pour payer les factures et tenter de garder un toit au-dessus de sa tête.

 

Il a renoncé à la faculté pour s’occuper de son père. Sa rencontre avec Pearl va le bouleverser. Qui est cette jeune femme ? Que cache-t-elle ? Alex est fasciné par elle mais son instinct le pousse tout de même à se méfier d’elle.

 

Alors que l’on pense que tout est plutôt lent, que les chapitres s’étirent encore et encore, le doute s’installe et les questions pointent le bout de leur nez.

 

L’écriture est très réussie et le style soutenu. J’ai beaucoup aimé la plume de Mary Kubica, qui offre une lecture agréable. Son roman est addictf et est difficile à laisser. Pour ma part, je pense que ce livre peut amener à deux sentiments : on aime ou on aime pas.

 

En résumé, je dirai que ce livre est une belle découverte, un roman à suspens plutôt addictif et sombre, sur des personnalités humaines chargées en émotion. Que ce soit Quinn et son immaturité, Esther et son passé ou encore Alex et sa vie difficile, ils sont très attachants.

 

Page après page, ligne après ligne, mot après mot, Mary Kubica pose les pierres de son intrigue et tisse une toile autour de ses lecteurs pour les emmener là où elle veut, à l’épilogue de son histoire.

 

Très bonne lecture

 

Marjorie

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Contrepoids - une enquête de Lizzie Gardner (tome 2)

TR Ragan

TR Ragan

L’histoire :

Carol Fullerton a 16 ans quand, un jour, elle part à l’épicerie et ne reviendra jamais. Que s’est-il passé ? A-t-elle été enlevée ? Est-elle morte ? Nul ne le sait. Sa mère, Ruth, en phase terminale d’un cancer, engage Lizzie pour tenter de découvrir la vérité, avant qu’elle ne soit emportée par la maladie.

 

Dans le même temps, Lizzie est engagée par Andréa Kramer pour retrouver sa sœur, Diane, qui a disparu depuis plusieurs semaines. Elle soupçonne fortement Anthony Melbourne, coach sportif et véritable gourou du bien être et de la remise en forme, d’être responsable de la disparition de sa sœur.

 

Son compte en banque a été vidé, elle n’a rien dit à personne. Lizzie va devoir mouiller le maillot pour découvrir la vérité.

 

Mon avis :

 

Second tome des aventures de notre intrépide détective, j’ai nommé Lizzie Gardner.

 

Après répliques, nous allons suivre Lizzie dans deux nouvelles enquêtes, accompagnée de Jessica et Hayley, sans oublier le beau Jared.

 

Nous avions laissé Lizzie plus vivante que jamais à la fin du premier tome. J’avais été emballée par l’histoire de cette nana combattante qui arrive à vaincre ses peurs et son passé. J’avais hâte de découvrir la suite.

 

Il est souvent difficile de ne pas se « louper » sur un second tome quand le premier est plutôt bien réussi. Tout l’art d’un écrivain est de réussir à faire une suite qui s’emboîte parfaitement avec le début et qui accrochera le lecteur.

 

Nous débutons ce second tome par la rencontre de Lizzie avec Ruth Fullerton. Sa fille, Carol, a disparu à l’âge de 16 ans. Très gravement malade, Ruth souhaite savoir ce qui est arrivé à sa fille et engage Lizzie pour découvrir la vérité. Franck, le mari de Ruth et père de Carol, est farouchement opposé à la venue de Lizzie, ce qui ne l’empêchera pas d’accepter le dossier.

 

Dans le même temps, elle est sollicitée par Andréa Kramer pour retrouver sa sœur, Diane, qui a disparu sans laisser de trace après avoir vidé son compte. Andréa, snob et profondément antipathique, est persuadée qu’Anthony Melbourne, gourou du fitness et de la remise en forme, est responsable de sa disparition, l’accusant d’avoir monté la tête de sa sœur.

 

Lizzie prendra également ce dossier en charge, avec l’aide de Jessica et Hayley.

 

Un bon second tome en perspective, avec des enquêtes intéressantes et une évolution des personnages, avec une partie du livre axé sur Hayley et son passé trop difficile pour une gosse de son âge.

 

Chacun trouve sa place et l’histoire progresse à un rythme doux mais sans ennui et lourdeur.

 

J’ai eu plaisir à retrouver Lizzie et Jared, évoluant à deux, de la voir se rapprocher de sa sœur et de la voir commencer à revivre.

 

Ce nouveau tome se lit facilement et est prenant, à la limite addictif. On ne peut, encore une fois, que s’attacher à ce bout de nana et à son caractère plutôt spécial mais au final, facile à vivre.

 

Elle se bat tous les jours mais j’ai été encore plus touchée par la détresse d’Hayley, tellement peu habituée à recevoir de l’amour dit « normal » qu’elle ne sait pas comment gérer celui donné par Jessica et Lizzie.

 

Au final, je suis plutôt contente de cette découverte littéraire qui, sans être l’œuvre du siècle, est une belle réussite et vaut le coup d’être lu.

 

Marjorie

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Sa chose

G.Dimitri

G.Dimitri

L'histoire:

 

Tout commence avec un site de rencontres, Psycho love. Vous remplissez un questionnaire et le site se fait fort de trouver vos partenaires compatibles. Si vous êtes désespérés en amour, ce site est fait pour vous.

 

Tout est fait pour vous plaire. Pour lui plaire. Mais dans quoi est-elle tombée? Peut-on vraiment faire confiance au monde virtuel et à ceux qui le fréquentent?

 

Mon avis:

 

Nouvelle découverte Kindle avec ce roman au titre accrocheur: sa chose de G.Dimitri.

 

L'accroche a fixé mon attention: un pervers narcissique ne sait pas aimer.

 

L'histoire débute sur une disparition, celle d'Ethan Mauve, fondation de Psycho love, site de rencontres d'un style bien particulier. Ici tout est possible, même le plus fou.

 

Peu de temps avant sa disparition, Ethan avait constaté la disparition d'un disque dur aux données sensibles. Les suspects? 4 personnes de son entourage.

 

Notre héroïne, Groseille (la pauvre!!!!), va chercher à découvrir la vérité, à sa demande. Mais tout s'emballe quand des corps vont être découverts dans le coffre d'une voiture, ainsi que des traces de sang.

 

Dans le même temps, une célèbre romancière semble disparaître à son tour. Tout semble tourner autour de ce site internet. Ethan est-il vraiment sincère? Quel est l'intérêt de Groseille? Qui a volé le disque dur?

 

Préparez-vous à être scotché à votre siège en lisant ce roman.... Ce thriller est une tuerie. Tout du long, vous pensez comprendre la situation, deviner les choses, jusqu'au réveil "brutal" de l'épilogue.

 

L'auteure a réussi le pari de nous amener à croire exactement ce qu'elle voulait. Je me suis rendue compte de cette situation en lisant la fin et, quand j'ai lu les commentaires d'autres lecteurs, je me suis rendue compte que je n'étais pas toute seule.

 

L'histoire est dingue, les personnages aussi fous les uns que les autres, un paradis de faux semblants et de secrets en tous genres.... Tout est réuni pour un thriller qui nous tient aux tripes et nous entraine dans les tréfonds de l'âme humaine....

 

Il s'agit là du 4ème roman de l'auteure, qui nous dévoile un opus plein d'humour noir et d'un suspens haletant et tenant. Qui plus est, G.Dimitri est très proche de son lectorat et répond à ses fans, ce que j'apprécie beaucoup.

 

Alors en résumé je dirai ceci: Sa Chose est un thriller poignant, qui nous tient en haleine jusqu'au bout, qui nous fait croire à beaucoup de choses mais dont le talent de l'auteure nous pousse à ne comprendre la vérité qu'à la fin.

 

Ce livre vaut d'être connu et lu. Je vous le conseille vivement.

 

Très bonne lecture les ami(e)s.

 

Marjorie

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Limbes

Olivier Bal

Olivier Bal

L'histoire:

 

James est jeune homme quand il est envoyé au Vietnam pour y combattre. A peine arrivé, au bout d'une semaine, l'enfer lui est déjà apparu. A cours d'une attaque pour tenter d'aller sauver leurs compatriotes retenus prisonniers, James se prend une balle dans le crâne et se réveille à la clinique. Il a eu beaucoup de chance semble-t-il.

 

A son réveil, James se met à faire des rêves étranges et voir des gens sur le point de mourir. Il se découvre la capacité de bouger pendant son sommeil.

 

Un professeur, qui comprend le talent de James, lui propose de participer à un projet révolutionnaire: Limbes.

 

James est loin de se douter du tournant pris par sa vie.

 

Mon avis:

 

Nouvelle découverte de ma bibliothèque Kindle, j'ai nommé Limbes d'Olivier BAL. J'avoue avoir été tentée par cette histoire de sommeil paradoxal et de déplacement du corps astral. Cela me rappelait un épisode d'X-Files, que je dévorais très jeune, où un soldat tue tous les membres de son commando par le sommeil car, suite à une expérience, cela faisait 22 ans qu'ils n'avaient pas dormi.

 

J'ai trouvé cela palpitant, alors je me suis lancée. Et quelle lecture. Je suis sous le choc encore de ce roman terminé hier matin dans le train.

 

Nous débutons l'histoire en compagnie de James, jeune américain envoyé dans cette boucherie que fut la guerre du Vietnam. A peine sorti de la seconde guerre, les Etats-Unis sont partis s'embourber dans ce lointain pays et commencer un conflit qui fut l'un des plus meurtriers de notre siècle.

 

A peine arrivé depuis une semaine, James participe à une offensive (en gros réussir à faire 150 mètres sans mourir) pour aller récupérer des soldats américains prisonniers. Il va sortir de là avec une balle dans le crane et aucun souvenir de ce qui s'est passé.

 

Son réveil à l'hopital fut quelque peu cahotique mais la suite sera sans précédent. Lors d'une nuit, James se retrouve au côté d'un homme, dont il découvrira le décès dans la nuit, à son réveil.

 

La nuit suivante, on reprend les mêmes et on recommence: nouvelle visite nocturne et nouveau décès.

 

James se rend compte que son corps voyage lors de son sommeil et qu'il peut rentrer dans les rêves d'autres personnes. Tout ceci est bluffant et attire l'attention d'un professeur, Kleiner, qui l'invite à participer au projet Limbes pour développer ses capacités.

 

Je dois avouer que les premières pages furent un peu fastidieuses. J'ai eu du mal à entrer dans le roman mais après, j'ai eu du mal à le laisser. L'auteur a démarré tout doucement pour, ensuite, prendre un rythme effréné ne laissant aucun répit au lecteur.

 

Le personnage principal de James est intéressant. C'est un jeune homme, un peu perdu dans sa vie, ne sachant pas trop ce qu'il veut. La guerre, il ne l'a pas choisi. Mais il n'a pas non plus choisi sa vie d'avant. Il se laisse porter par le courant jusqu'à la découverte de son "don".

 

Sa rencontre avec le Professeur Kleiner va le marquer à tout jamais.

 

L'auteur aborde un thème assez particulier: le monde des rêves. Il existe des ouvrages relatant des expériences hors du commun vécu par des soldats qui racontaient comment ils avaient réussi à dissocier leur corps de leur esprit pour tenter de survivre à l'enfer des geôles vietnamiennes ou encore indochinoises.

 

L'intrigue se déroule dans une base souterraine américaine en Alaska, perdue au milieu du vide, faisant de cette histoire une sorte de huis clos plutôt saisissant. Les esprits peuvent vite s'échauffer, d'autant que les principaux protagonistres, comme James, Caleb ou encore les jumeaux, ne savent pas la vérité sur ce projet.

 

Tout est réuni pour un bon thriller angoissant sur fond de manipulation. Un suspens haletant, une expérience hors du commun dans le monde des rêves et de l'esprit humain, un professeur manipulateur et même, la CIA....

 

Limbes est conseillé pour les amateurs de huis clos prenant, mêlant intrigue, complot, mensonge et surnaturel, qui se retrouveront emportés dans le monde des songes et partiront ce que l'âme humaine peut contenir de plus sombre...

 

Très bonne lecture à tous

 

Marjorie

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LE ROMAN DE BERGEN (6 Tomes)

Gunnar STAALESEN

Gunnar STAALESEN

Saga norvégienne haute en couleurs qui a pour toile de fond

la ville de Bergen

 

De 1900 à 1999 en six tomes: L'histoire de nombreuses familles, de tous les événements mondiaux, et des répercussions sur leur vie. Un siècle de passions humaines.

 

1900 L'aube 2 tomes

 

Nous débutons par le meurtre du consul Frimann qui venait de passer la nuit, non pas avec son épouse, mais avec la belle et sensuelle Maren Kristine Pedersen, bien connue de certains messieurs de la haute société de Bergen. Cet assassinat va totalement bouleverser la vie de nombreux protagonistes, dont l'inspecteur Moland et Ole Berstad. On fait connaissance de membres de la bourgeoisie berguenoise et aussi d'hommes et de femmes quittant la campagne et la pauvreté pour venir construire les lignes de chemin de fer.

 

1916, Bergen est victime d'un gigantesque incendie et doit se reconstruire.

 

Les conflits sociaux apparaissent, qui divisent les familles, deux frères se retrouvent dans des camps opposés. Dans le monde, le krach boursier de 1929, la montée du fascisme, la lutte entre bolcheviks et nationalistes libéraux.

 

Les personnages du tome 1 vont passer le relais à leurs enfants, pour construire une nouvelle société, faire évoluer les mœurs et pour certains se déchirer.

 

Et à Bergen, cela fait 25 ans que le consul Frimann

a été assassiné qui veut rouvrir l'enquête ?

 

1950 Le zénith 2 tomes

 

Les années 30, on découvre les héritiers de nos premiers protagonistes. Chacun d'eux prend des directions politiques différentes. Les fils de famille Brandt et Helgesen s'opposent, l'un se sent proche du communisme, l'autre est fasciné par le nazisme et assiste aux Jeux olympiques de Berlin de 1936.

 

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la Norvège est déclarée neutre mais subit l'occupation dès 1940.

 

Chacun de nos héros va choisir son camp. La résistance, l'exil où le ralliement avec l'occupant. L'auteur nous expose aussi la condition des juifs norvégiens à travers le destin de la famille Liebermann.

 

En 1945, la libération sonne l'heure des règlements de compte, le jugement des collaborateurs de l'occupant nazi, le retour au pays des prisonniers et des survivants, où de l'exil. Les petits enfants de la génération de 1900 doivent tourner les pages des heures très sombres de la guerre, et tracer à leur tour leur chemin dans la vie. Certains enfants vont subir les engagements extrêmes de leurs parents.

 

1999 Le crépuscule 2 tomes

 

Les parents et grands-parents doivent s'adapter à cette jeunesse  « des enfants de la paix"  sur fond de musique américaine, de liberté, de l'amour libre.

 

Période turbulente et exaltante qui impose de nombreux changements dans la société berguenoise. La période des années 1980 voit l'émergence d'une nouvelle société avec la manne pétrolière. Certains vont être ébranlés dans leurs convictions politiques, religieuses, et morales.

 

"Et le consul Frimann resurgit avec l'apparition d'un certain Varg Veum…. détective.

Et toujours la même question en clin d'oeil : Qui a tué le consul Frimann…."

Je vous rassure, grâce à sa confession révélée dans les dernières pages nous savons enfin qui a tué et pourquoi, le fameux consul Frimann…..

 

Dans le tome 2, L'auteur nous présente la filiation des premiers protagonistes, qui doivent choisir à un moment où à un autre leur destin. Les fantômes du passé ne sont jamais loin. Il faut pour certains assumer des actes dont ils ne sont pas responsables.

 

Mon avis : Six tomes d'une vaste épopée norvégienne, évidemment les noms ne sont pas toujours faciles à se rappeler, ainsi que les expressions, mais il y a des lexiques, des plans de la ville de Bergen, et des arbres généalogiques.

 

C'est très intéressant à lire, évasion garantie, beaucoup de personnages, reflet de la société, suivant les époques. Bourgeoisie, domestiques, paysans, pêcheurs, hommes de peine.

 

Les femmes dans les premiers tomes n'ont pas toujours la vie facile, pour les norvégiennes la liberté a dû être gagnée de haute lutte.

 

Le pilier de cette saga c'est Bergen, les constructions en bois qui disparaissent lors du grand incendie, les bateaux qui explosent pendant la guerre. La vie intellectuelle et naturellement les amours des protagonistes.

 

Je me suis prise au jeu de pistes que l'auteur met en place avec l'assassinat du consul, je me suis attachée à certains personnages, c'est aussi une excellente étude sociologique d'une ville, avec la reconstruction des quartiers, l'école et la religion.

 

Si vous ne reculez pas devant le nombre de tomes et de pages, je vous conseille cette lecture. Rendez-vous à Bergen….Très bonne lecture.

 

Kalou

 

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PETITS SECRETS GRANDS MENSONGES

Liane MORIARTY

Liane MORIARTY

L'histoire :

Meurtre ou tragique accident ? A la fête de l'école, quelqu'un a trouvé la mort. Mais qui est vraiment responsable du drame ? Trois femmes à la croisée des chemins, des ex-maris et leurs nouvelles épouses, des familles recomposées (ou décomposées), qui cachent tous ces redoutables petits mensonges que l'on se raconte à soi-même pour continuer à vivre…..Après le secret du mari, best-seller international, Liane Moriarty nous plonge une fois encore dans l'univers clos de ces quartiers résidentiels qui dissimulent derrière leurs jolies façades d'inavouables secrets. Avec elle, le sourire n'est jamais loin des larmes.

 

Mon avis :

 

On sait dès le début qu'il y a eu un drame, on ne sait pas qui est mort, ni de quoi, on sait juste que l'événement s'est produit lors de la fête de l'école.

 

A chaque fin de chapitre, on a les avis des différents protagonistes, l'auteur rassemble le puzzle et nous distille lentement les renseignements, on se prend au jeu.

 

On rencontre Jane, mère célibataire de Ziggy, nouvellement installée dans la petite société de Pirriwee, Madeline mère de trois enfants, dont Abigail adolescente révoltée, Céleste, très belle jeune femme mère de jumeaux.

 

Les histoires de ses trois femmes s'entrecroisent, chacune avec ses secrets et ses blessures. Les jalousies, les rumeurs vont bon train dans cette petite communauté où tout le monde se connaît, s'apprécie et se déteste.

 

L'école est le centre de toutes les tensions, les enfants, la position sociale, l'argent, la beauté sont autant d'éléments déclencheurs de ce déferlement de haine.

 

Suite à l'agression dont a été victime une petite fille, la vindicte populaire vise Jane et son fils, nouveaux venus dans la communauté.

 

Il va y avoir deux clans, mais de cette histoire d'enfants, va amener chacun à se poser des questions sur sa propre vie. Les critiques acerbes des commérages qui ne vérifient pas leur source et peuvent tuer par leur méchanceté.

 

On découvre, le terrible secret de Jane et son fils, le harcèlement à l'école et ses conséquences dramatiques, les violences conjugales et la difficulté de rompre cet engrenage infernal, la difficulté des couples recomposés. Le tout dans le huis clos d'un quartier résidentiel préservé, en bordure d'une plage de rêve.

 

Je ne m'attendais pas à la surprise de la fin du livre, Liane Moriarty est très douée pour vous emmener sur plein de pistes différentes, et vous amenez là où vous ne l'attendiez pas.

 

Ce livre m'a vraiment plu, je vous le conseille. J'avais beaucoup aimé « le secret du mari », je n'ai pas été déçue par le deuxième. Bonne lecture à vous.

 

Kalou

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Cet été là

Lee Martin

Lee Martin

L'histoire:

 

5 juillet, dans une petite ville américaine. Katie, 9 ans, va rendre des livres à la bibliothèque en début de soirée. Elle ne reviendra jamais. Que s'est-il passé? A-t-elle fait une mauvaise rencontre?

 

30 ans plus tard, certains des protagonistes de l'histoire racontent ce qui s'est passé.

 

C'est ainsi que l'on va retrouver Gilley, le frère de Katie, la femme du suspect n°1 ou encore, un prof de math, vieux garçon au penchant pas très net.

 

 

Mon avis:

 

Avant toute chose, je remercie chaleureusement Babelio, l'opération Masse Critique Privilégiée et les éditions Sonatine pour m'avoir donné la chance de découvrir juste à sa sortie ce livre de Lee Martin.

 

Ce thriller psychologique est une merveille et l'idée de faire raconter une partie de l'histoire  par la bouche même de certains protagonistes est tout simplement judicieuse.

 

Cela donne un caractère authentique à l'histoire, qui est ainsi vue sous plusieurs angles et sur deux périodes: au moment des faits et 30 ans plus tard, ce qui permet à certains témoins de voir les choses sous un autre angle.

 

Je pense, par exemple, à Gilley, le frère de Katie qui, maintenant qu'il est père, peut mieux comprendre ses propres parents et leurs réactions au moment des faits.

 

J'ai d'ailleurs été très émue par ce personnage, ce jeune homme qui se sent un peu différent et qui verra sa vie basculer, comme celle de sa famille.

 

L'histoire débute par un beau jour de juillet, dans une petite ville typique des Etats-Unis, dans les années 70. Une famille aisée, admirée par toute la ville, dans laquelle grandit avec insouciance Katie, 9 ans.

 

Pour "se venger" d'une bêtise, Gilley vend sa soeur qui a oublié de rendre des livres. Furieuse, elle décide de partir aussitôt les rendre.

 

Elle ne reviendra jamais.

 

Son frère et son père partent à sa recherche mais ils ne retrouveront que son vélo, sur un trottoir, la chaine déraillée.

 

Où est-elle? Alors que tout le monde se connait, comment cette petite fille a pu disparaitre ainsi, sans que personne ne voit rien?

 

Lee Martin nous livre un thriller époustouflant, qui nous tient en haleine jusqu'à son dénouement, une analyse sans fard de vies banales et nullement parfaites de personnes ordinaires, qui se retrouvent embarquées dans une histoire qu'ils ne contrôlent pas.

 

Que ce soit Monsieur Dees, qui lutte chaque jour pour son "amour" contre nature éprouvé pour ses petits élèves, lui qui imagine en eux l'enfant qu'il n'a jamais eu. Ou encore Ray, qui noie dans ses penchants destructeurs cette vie rêvée qu'il n'aura jamais.

 

Je pense aussi à Gilley, ce jeune homme devenu adulte trop tôt, qui doit se construire avec le fantôme de sa soeur et vivre avec cette culpabilité qui le ronge.

 

Ces personnages, qui épanchent leur conscience 30 ans plus tard, sont attachants et parlent sans faux semblant.

 

L'histoire est addictive mais sombre. Les propos peuvent mettre mal à l'aise parfois. On ressent toute une palette d'émotions pendant la lecture mais c'est aussi ce qui rend ce livre si vrai, si authentique.

 

Lee Martin a réussi l'écriture d'un thriller américain digne des plus grands, digne d'un grand Mystic River, contemporain de l'immense et talentueux Dennis Lehane.

 

Je vous conseille vivement cette lecture qui va apporter, j'en suis persuadée, beaucoup de succès à l'auteur, succès qui est plus que mérité.

 

Très bonne lecture dans les arcanes de l'âme humaine.

 

Marjorie

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Les morsures de l'ombre

Karine Giebel

Karine Giebel

L’histoire :

 

Pourquoi ai-je accepté de la suivre pour boire un dernier verre ?
Où suis-je ?
Pourquoi je suis dans une cage ?
Oh mais pourquoi je suis incapable de savoir résister à une femme ?
Et dire que ma propre femme doit être morte d’inquiétude.. C’est fini, j’arrête de la tromper… Enfin je crois, je vais essayer….
Que va-t-il m’arriver ???

 

Mon avis :

 

Je confirme ce que j’ai écrit pour ma précédente chronique de Karine Giebel : elle n’aime pas les fins heureuses.

 

Elle n’embellit pas ses personnages, elle les présente cash, sans fioriture, dans tout ce qu’ils peuvent représenter de faux, de malsain… C’est ce qui fait son succès dans un sens, un homme ou une femme tels qu’ils sont, comme nous sommes, nous permettant de nous dire qu’ils nous ressemblent.

 

Les morsures de l’ombre est un huis clos saisissant et angoissant qui débute par le réveil brutal de Benoît, policier, qui se retrouve enfermé dans une cage après avoir suivi une femme pour un dernier verre, et plus, chez elle.

 

A son réveil, il se retrouve en cage, à sa merci.

 

Loin de se remettre en question, il rejette sur sa geôlière toute la situation et se met à l’insulter.

 

Mais qui est-elle au juste ? Une nana complètement folle qui veut s’amuser avec lui ? Une femme qui se venge de lui car, ayant été une conquête, elle n’a pas supporté d’être virée après action ?

 

Telles sont les questions que se posent notre policier mais sans jamais se dire que c’est peut-être lui le problème. Tellement sûr de lui notre Benoît.

 

Il y a une bonne raison à tout cela, mais laquelle. Elle semble le connaitre, elle l’a suivi, elle semble comme obsédée par lui, mais lui, ne se souvient de rien la connaissant.

 

Sa vie va se dérouler comme un film. Il va tenter de se souvenir de tout ce qui pourrait lui sauver la vie. Car enfin, il a compris qu’elle en voulait à sa vie. Elle lui reproche quelque chose mais il ne sait pas quoi.

 

Dans le même, ses collègues le cherchent et vont devoir fouiller sa vie. Son couple, qui semble parfait, ses petits secrets bien cachés, mais pas tant que ça.

 

Personne n’aime voir exposé au grand jour ses petites manies, ses secrets bien cachés et ses vices.

 

Karine Giebel nous décrypte morceau par morceau la vie de cet homme qui passe ses jours à mentir à tout le monde, à sa femme tellement cocue qu’elle passe pas les portes, à ses maitresses à qui il fait croire qu’il les aime.

 

Son bourreau va l’obliger à devoir affronter sa vraie nature et c’est ce qui fait le plus mal à Benoît.

 

Ce livre n’est pas toujours facile à lire. L’histoire est saisissante et angoissante. Cette femme qui a réussi à le kidnapper est complètement folle mais comment en est-elle arrivée là ?

 

Ce livre est angoissant car il montre à quel point n’importe quelle personne saine d’esprit peut sombrer du jour au lendemain. Ce livre est une histoire de vengeance, mûrement réfléchie, longuement pensée et mise au point mais aussi, une histoire de remise en question.

 

J’ai fermé ce livre en ressentant des émotions partagées mais j’ai adoré le lire. Comme toujours avec Karine Giebel, je ne me sens pas entière après l’avoir lu mais j’aime la lire.

 

Très bonne lecture à vous tous.

 

Marjorie
 

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