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Une colonne de feu

Ken Follett

Ken Follett

L’histoire :

Angleterre, 1558, période de Noël, le jeune Ned Willard rentre chez lui à Kingsbridge. Il retrouve avec plaisir sa famille et Margery, la fille qu’il aime depuis longtemps.

Mais sa ville ne ressemble plus à ce qu’elle était, ravagée par des brouilles religieuses, touchant le pays entier. La Reine Marie fait régner la terreur à l’encontre de tous ceux qui ne sont pas catholiques.

L’arrivée au pouvoir d’Elisabeth, sa sœur, va déclencher de vifs conflits entre catholiques et protestants, amenant Ned à devoir choisir sa voie, loin de Margery, pour combattre la violence qui enflamme le pays.

Le monde est en proie à des conflits religieux, dont la violence va s’étendre de Séville à Paris, en passant par les Pays-Bas et l’Angleterre.

Mon avis :

 

Ken Follett est enfin de retour avec un pavé de 923 pages tout simplement magique.

Après les Piliers de la Terre et Un monde sans fin, nous sommes de retour à Kingsbridge, dans une Angleterre en proie aux conflits religieux.

Avant toute chose, un peu d'histoire.

1547, le Roi Henri VIII décède, laissant un pays protestant suite à sa séparation de l’église catholique et du Vatican. Son seul fils, Edouard VII, monte sur le trône à seulement 9 ans. Mourant sans descendance en 1553, sa sœur Marie, fille de la Reine Catherine, pure catholique, monte sur le trône et rétablit le catholicisme dans le pays.

Son règne sera sanglant, la laissant connue dans l’histoire sous le nom de Marie la Sanglante. Mariée au Roi Philippe II d’Espagne, lui aussi catholique, elle mènera une véritable vendetta contre les protestants.

Marie réprimera dans la violence la montée du protestantisme, les pratiquants devant se cacher pour ne pas risquer le bûcher pour oser lire la bible en français ou encore ne pas vouer de culte au Pape.

C’est dans ce contexte politique que se situe le début de ce roman. Ned, qui revient au pays après une longue absence, découvre le climat lourd qui est ressenti dans le pays. Un soir, il est approché par Sir William Cecil, proche conseiller de la princesse Elisabeth, pour lui proposer une place d’assistant à ses côtés.

Ned hésitera quelques temps avant de se décider mais, devant l’attitude de Margery, que ses parents ont décidé de marier de force au Comte Shiring, il se décide rapidement.

La tolérance religieuse de Ned en fera un personnage de poids dans l’entourage de la future Reine. Aux côtés de Sir William, Ned participera à la création des tous premiers services secrets anglais, imaginés par Elisabeth.

Ken Follett aura mis plusieurs années pour écrire ce roman historique, dont la lecture vous emporte au cœur du 16ème siècle, aux côtés de ces rois et reines qui ont fait le monde de maintenant.

Je ne peux qu’être admirative du travail de fourmi effectué par l’auteur pour écrire ce roman. Ses descriptions des relations entre l’Angleterre et la France sont époustouflantes et il nous permet de découvrir les méandres de la royauté, des jeux de succession aux trônes de ces pays.

Ken Follett est un auteur de génie, capable d’un travail de recherche minutieux, afin de coller au maximum à la réalité historique. L’ajout de personnages imaginés s’emboîte parfaitement dans le contexte temporel.

Je suis admirative des personnages féminins de ce roman, de ces femmes battantes qui ne baissent jamais les bras, malgré la façon dont elles sont perçues et traitées.

Je suis une véritable passionnée de cette période de l’histoire et j’aime la personne qu’est la Reine Elisabeth. Cette jeune femme, dont la mère sera décapitée par le Roi Henri VIII et reniée après sa mort, se battra pour arriver au pouvoir et réussira à maintenir une certaine justesse dans le pays.

The Virgin Queen, comme elle fut nommée, force le respect tant elle sera une femme forte et grande pour une époque où les femmes n’étaient que des objets de décoration pour des hommes imbus d’eux-mêmes.

Je dois prévenir que certaines descriptions sont plutôt difficiles à lire. Je pense aux exécutions racontées de façon si réelle que j’imaginais en être témoin. Il faut reconnaitre que Ken Follett a une imagination débordante et quand il fait dire par un personnage « qu’un bon bourreau est capable d’écorcher un homme en une seule fois, permettant de détacher la peau d’une traite », j’avoue être dubitative.

Mais, après tout, tout ceci n'est que vérité. Cette époque fut sanglante dans sa façon de traiter les criminels. Pas de quartier!

De Paris à Séville, en passant par Hispanola, les Pays-Bas et l’Angleterre, Ken Follett nous entraîne au cœur des principaux conflits de l’histoire, aux côtés de personnages célèbres, comme Catherine de Médicis ou encore Henri de Navarre.

Partez pour une grande promenade dans le Paris de Catherine de Médicis, reine de cœur tolérante et très intelligente qui tiendra la France à bout de bras. Suivez le Duc Henri de Guise, dont la haine aveugle sera à l’origine du massacre de la Saint Barthélémy. Pleurez aux côtés du peuple anglais à l’enterrement de la Reine Elisabeth. Dévorez les 923 pages de ce roman magnifique et addictif, qui vous emmènera au cœur de notre histoire, de notre passé, de notre vie.

Une colonne de feu est une réussite littéraire, une vague puissante qui vous emportera au loin et vous laissera orphelin lorsque vous tournerez la dernière page et lirez le dernier mot.

 

Marjorie