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Articles avec #amour catégorie

La librairie de l'île

Gabrielle Zevin

Gabrielle Zevin

L’histoire :

Lorsqu’AJ, libraire sur une petite ile aux larges des côtes américaines, trouve un bébé abandonné sur le pas de sa porte avec un petit mot de la maman, son premier réflexe est de craindre une perturbation dans sa vie.

Sa femme est morte il y a peu, sa boutique sombre financièrement pendant que lui a sombré dans l’alcool. Rien ne lui donne envie de vivre.

Contre toute attente, AJ va s’attacher à la petite Maya et la prendre en charge.

Et si ce bébé était une seconde chance pour cet homme abîmé par la vie ?

 

Mon avis :

La lecture de ce roman m’est apparue comme une évidence le jour où je suis tombée nez à nez avec cette couverture et après lecture de la 4ème de couv. Une librairie sur une ile, un homme bougon et vieux avant l’heure, un bébé abandonné dont on souhaite plus que tout qu’elle grandisse entourée de livres….

Il ne m’en fallait pas plus. Et quelle lecture ce fut !

Nous débutons l’histoire en compagnie d’AJ et d’une toute jeune représentante d’une maison d’édition, dont c’est la première venue sur l’ile. Et je dois bien avouer que ce fut explosif, pas vraiment dans le bon sens du terme.

AJ est aigri. Il a perdu sa femme, il est en train de perdre sa librairie, il n’a plus goût à grand-chose, sauf celui de se noyer chaque jour un peu plus dans l’alcool. Jusqu’au jour où son chemin va croiser celui de Maya, adorable petit bébé de 25 mois, laissée par sa mère avec un petit mot disant sa volonté que sa fille, dont elle ne peut plus s’occuper, vive entourée de livres et de passionnés de lecture.

Sa première réaction de dégoût passée, AJ se prend d’une véritable passion pour ce bout de chou, au point de chercher à l’adopter légalement. Et si la vie lui offrait une seconde chance ?

C’est ainsi que nous allons suivre l’évolution de ce petit bébé et de la voir grandir au sein d’une famille aimante et tendre à son égard.

J’ai adoré cette lecture, légère et enivrante, dont les personnages sont très attachants. L’histoire est originale et bien écrite. Tout est réuni pour un grand moment d’humour et de convivialité. Maya va changer beaucoup de vies, sans en avoir conscience et quand, au final, nous découvrons que tout est lié, rien ne nous étonnera.

Ce livre fait partie de ces découvertes coup de cœur qui ont enchanté mon esprit et que je conseille régulièrement autour de moi.

Lire ce livre apporte beaucoup de bonnes choses, c’est un pansement à l’âme, c’est une ode à la famille et à l’amour, une ode à la seconde chance, qui peut arriver sans prévenir et concerner tout le monde.

C’est une lecture joyeuse. A lire sans modération….

Marjorie

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L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes

Karine Lambert

Karine Lambert

Elles sont 5, de tous les âges, de tous les styles.

Il y a Rosalie, accro au yoga et qui ne peut oublier François. Il y a Simone, qui a élevé seule son fils Diego après avoir fui l’Amérique Latine et le père infidèle. Il y a Giuseppina, sicilienne mariée de force jeune et mère d’une fille qui lui a été enlevée par ses propres frères. Il y a encore la Reine, ancienne étoile de l’Opéra, dont le corps ne lui obéit plus et qui a imaginé cet endroit.

Tout va bien jusqu’à l’arrivée de Juliette, boule d’énergie et de vie, qui remet en question le fondement même de l’immeuble :

« aucun homme »

 

Juliette, que la vie n’a pas épargnée. Fille de parents centrés sur eux-mêmes et qui a un besoin maladif d’amour pour se sentir vivre.

Ce livre me donnait envie depuis très longtemps, le titre me plaisant tellement. Et je dois dire que je suis enchantée par sa lecture. Les personnages sont complètement drôles et attachants.

Ces 5 nanas et Jean-Pierre (le chat !!!) mènent une vie tranquille, dans laquelle elles ont banni, non pas l’amour mais les désillusions qu’il peut occasionner.

Chacune a souffert, de façon différente, de l’amour. A cause d’un homme, d’un père, d’un frère… Leur choix de vivre leur a permis de reprendre le contrôle d’une vie qu’elles pensaient ne plus pouvoir continuer ainsi.

Les échanges entre les personnages sont vifs et joyeux, mais aussi empreints d’une grande profondeur émotionnelle. Elles se comprennent, elles se complètent.

On peut se demander ce qui pourrait pousser une personne à se couper ainsi de la notion même de rencontre, pour éviter désillusions et souffrances.

Si on y réfléchit bien, cela ne paraît pas si fou que ça comme concept. Après tout, en cas de peine, on prend souvent l’habitude de se réfugier dans un cocon rassurant, quel qu’il soit. Ça peut être sa maison ou son appartement, un café, chez une amie.

Cet immeuble est comme un immense cocon protecteur et j’adore cette idée.

Ce livre est d’une gaieté folle, une ode à la vie et à la joie. La joie de vivre peut se trouver en toute chose. L’essentiel est d’y croire et de le vouloir.

Ce roman est magique. Il donne le sourire et je pense que beaucoup de lecteurs se seront reconnus à la lecture, que ce soit en un personnage ou une attitude, une parole.

Ces femmes (et ce matou) sont magnifiques. Petit clin d’œil à ce matin qui a su trouver sa place.

 

Marjorie

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NOS ÂMES LA NUIT

Kent HARUF

Kent HARUF

L'histoire :

Addie, 75 ans, veuve depuis des décennies, fait une étrange demande à son voisin, Louis : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour se parler, se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure....Bientôt bravant les cancans de la petite ville de Holt où ils vivent depuis toujours Addie et Louis se retrouvent presque chaque soir. Ainsi commence une belle histoire d'amour, lente et paisible, faite de confidences, chuchotées dans le noir, de mots de réconfort et d'encouragement. Mais très vite, les enfants d'Addie et de Louis s'en mêlent, par égoïsme et, surtout, par peur du qu'en-dira-t-on.

Ce livre testament, publié quelques mois après la mort de l'auteur est une célébration de la joie, de la tendresse et de la liberté. De l'âge aussi, qui devrait permettre de s'affranchir des conventions pour être heureux tout simplement.

 

Mon avis :

 

Que c'est bon un livre comme cela, c'est fait un bien fou au moral, un grand moment de fraîcheur. Ils veulent être heureux, vivre quelques instants de bonheur, dormir ensemble, se parler, et surtout beaucoup de tendresse.

 

Mais voilà dans une petite ville, où tout le monde se connaît, où les rumeurs et les ragots dominent, où la jalousie fait des ravages, peut-on vivre sa vie comme on l'entend ?

 

Et puis surtout les enfants, leurs chers enfants à tous les deux, surtout le fils d'Addie (Gene) dont la vie fait naufrage aussi bien professionnelle que personnelle se mêlent de cette histoire.

 

Avec un seul désir mettre fin à cette complicité, Gene se permet de faire une leçon de morale à sa mère et surtout d'exercer sur elle un chantage particulièrement pénible en y mêlant son petit garçon de six ans Jamie.

 

J'avoue que par moments, j'avais envie de dire "mais de quoi je me mêle...." Je comprends la réaction d'Addie qui s'est attachée à son petit-fils si malheureux entre des parents qui se déchirent et si jeune donc ne peut se défendre et donner son avis.

 

Donc Addie cède au chantage de son fils et promet de ne plus voir Louis. Car de la part de Gene, il y a la peur, si sa mère se remarie il risque de ne pas récupérer tout l'argent, et il envie le bonheur d'Addie et de Louis.

 

J'ai aimé ce livre, très poétique et très joyeux de ces deux êtres qui n'ont pas été vraiment heureux dans leur vie conjugale respective, d'assister à leurs escapades avec Jamie et la petite chienne, le camping et leur sentiment de liberté, et de pouvoir tout se dire sans pudeur.

 

Il est fort dommage à notre époque, nous sommes au 21eme siècle quand même, et à leur âge, "qu'on" les empêche d'être heureux.

 

La lecture de ce livre va peut-être permettre à certains enfants d'admettre que leurs parents âgés, puissent avoir envie d'être autre chose que de respectables grands-parents.

 

Ce livre est un hymne à l'amour et à la liberté, un peu de lenteur dans ce monde de brutes, et puis aussi à la tolérance, changer notre regard par rapport à la vie de nos parents ou grands-parents. Je vous souhaite une très bonne lecture en compagnie d'Addie et de Louis, c'est un merveilleux moment d'humour et d'amour.

 

Kalou

 

 

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ARRÊTE AVEC TES MENSONGES

Philippe BESSON

Philippe BESSON

L'histoire : Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : "Arrête avec tes mensonges." J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier. Je suis devenu romancier. Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre. Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de compte, pas de violence, pas de névrose familiale. Mais un amour, quand même. Un amour immense et tenu secret. Qui a fini par me rattraper.

 

Mon avis : Depuis que j'ai découvert cet auteur, j'aime ses livres et je les dévore dès leur sortie. A chaque fois, que je lis Philippe Besson, j'ai l'impression de voir un tableau d'Edward hopper, pour sa description d'une certaine solitude.

 

Cette fois-ci l'auteur nous raconte son premier amour. Dans la France des années 80 en province, où il devait être difficile de pouvoir vivre pleinement sa sexualité différente. C'est la rencontre entre deux garçons au lycée, l'un fils du directeur d'école et Thomas le fils de paysans.

 

Philippe lui assume sa différence sans peur, ni honte, mais il n'en est pas question pour Thomas, cet amour doit rester secret. Philippe en ressent une immense frustration de devoir dissimuler leur histoire.

 

Les rencontres, où ils s'aiment vite et fort, les premiers émois physiques et surtout l'insupportable attente entre deux rendez-vous.

 

Philippe Besson décrit très bien le manque de l'autre, de sa peau, l'absence qui s'enveloppe de silence. La tristesse, la privation de l'être aimé qui amène une forme de folie, comparable au manque de drogue : "L'autre devenu inaccessible".

 

Cette histoire va finir, après le bac. Philippe va suivre la route tracée pour lui, intégré une prépa HEC à Bordeaux, et effacer Thomas.

 

En 2007, vingt ans après, Philippe rencontre Lucas le fils de Thomas et apprend ainsi sa vie, son mariage, la naissance de son fils, mais Philippe ne cherche pas à contacter son premier amour car les années ont passé.

 

En 2016, un courrier de Lucas, demandant à le voir, et ainsi Philippe apprend la mort de son premier amour. Thomas s'est suicidé, Lucas lui apprend qu'un jour son père a décidé de changer de vie, il quitte la maison, sa ferme, renonce à ses droits à l'héritage, demande le divorce.

 

Une façon très radicale de se débarrasser du fardeau, d'éradiquer le passé, de solder les comptes. Pendant huit ans pas de nouvelles, puis le retour. Lucas attend vainement des explications, que son père ne lui donnera pas, mais grâce à des lettres, son héritage, Lucas pourra mieux cerner la vie de son père.

 

On dit toujours que l'on n'oublie jamais son premier amour. Je vous souhaite une très bonne lecture.

 

Kalou

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L'EVEIL

Line Papin

Line Papin

L'histoire : 

 

Je dois y retourner, c'est insupportable de le savoir ici, lui qui marche et vit non loin. Non il ne s'agit pas encore de l'éveil, du vrai, c'est mon attention seule qu'il éveille pour l'instant, et c'est en dessous, que nous allons éclore et tomber et rouler. Je suis à l'orée de l'éveil.

 

La scène est à Hanoï au Vietnam, dans des ruelles surchauffées. Cela se passe aujourd'hui, mais ce pourrait être il y a longtemps. C'est une histoire d'amour, dont les personnages sont deux garçons et deux filles, dont les voix s'entrechoquent. C'est une histoire d'amour, douloureuse et sensuelle, où les héroïnes ne font que traverser le tumulte de la ville, et se cachent dans l'ombre protectrice des chambres. C'est un premier roman d'exception. Et l'acte de naissance d'un écrivain.

 

Mon avis :

 

En commençant ce livre, j'ai pensé comme beaucoup de lecteurs à Marguerite Duras, à l'atmosphère particulière de ses livres. Peut être à cause d'Hanoï. 

 

Cette histoire d'amour est racontée à plusieurs voix, Juliet (fille du consul australien) et de l'homme (français) qu'elle aime passionnément. Cet homme dont on ne connait pas le prénom. Au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, on comprend mieux :

 

Juliet l'aime et veut le sauver mais "il" aime Laura, "il" est tellement obsédé par elle, ne peut l'oublier. Juliet au désespoir appelle au secours Raphaël, meilleur ami de cet homme, celui que le connait le mieux, et ainsi Juliet espère comprendre les mécanismes de cette histoire tragique.

 

Car "il" s'est enfoncé dans le silence, comme retiré du monde.

 

Raphaël est le témoin impuissant de cette tragédie en cours, mais il ne peut qu'assister à son dénouement. C'est L'Eveil au sentiment amoureux, à la sensualité, mais aussi à la dépendance de l'autre et à la douleur. Une fièvre de vie, mêlée de désespoir  et de douleur dans la moiteur d'Hanoï.

 

J'avoue que j'ai eu dû mal au début du livre, je me demandais où l'auteure allait, puis je me suis attachée aux personnages, c'est une écriture très moderne, poétique. A découvrir.

 

Kalou

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